Les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. Et le Seigneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer ; et il vous obéirait. (Luc 17:5-6)
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier : Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon ? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. (Matthieu 17:19-20)
Avons-nous eu la même réaction que les disciples ? Aimerions-nous que Jésus augmente notre foi pour la mission qui nous attend et pour faire face aux différentes difficultés et besoins ? Certaines situations nous semblent trop lourdes pour nous ; alors, si Jésus pouvait, pour l’occasion, augmenter notre foi pour que rien ne nous soit impossible, cela nous suffirait ! En fait, Jésus nous fait comprendre que nous avons assez de foi pour notre montagne. Tu as assez de foi pour ton problème, pour l’obstacle qui se dresse devant toi et pour faire ce que Dieu te demande. Le danger, c’est de croire que la foi qui déplace les montagnes ou déracine les arbres est réservée à des élites et est le résultat d’une pratique spirituelle intense.
Jésus ne rentre pas dans le jeu de ses disciples, mais il démonte leurs préjugés au sujet de la foi. Les disciples de Jésus voulaient faire les mêmes œuvres que lui, et s’imaginaient, comme la plupart d’entre nous, qu’il leur fallait une grande foi ; c’est pourquoi il leur demande : augmente-nous la foi ! C’est rassurant de considérer que nous avons tous assez de foi pour suivre Jésus, tous assez de foi pour faire les œuvres qu’il a préparées d’avance, tous assez de foi pour renverser ce qui se dresse contre nous, tout ce qui insulte Dieu et qui insulte ses enfants !
La foi peut être comparable au bouton rouge permettant le déclenchement d’un missile nucléaire. En appuyant sur ce bouton, l’effet sera celui du missile, faisant exploser la montagne. Quiconque possède ce bouton est capable d’appuyer dessus, et le résultat sera le même. Jésus rend le principe de la foi normal, accessible. Quel était donc le problème des disciples ? Ce n’était pas la foi, puisque même une petite suffit. Ce qui empêchait le résultat était leur incrédulité. Les disciples voulaient plus de foi, mais il fallait en fait qu’ils se débarrassent de leur incrédulité. L’incrédulité consiste à croire à l’inverse ; c’est une force contraire.
Dans 1 Samuel 17, lorsque David avance vers Goliath pour le terrasser, il ne compare pas ses armes avec les siennes. David est seulement équipé d’une fronde et de quelques pierres. Il est évident qu’il ne fait pas le poids face au géant ; et il ne va pas attendre que Goliath prenne du poids et devienne assez fort face à son adversaire. C’est maintenant que Goliath doit être vaincu, pas dans 40 ans. Sa foi est sa capacité à s’appuyer, à déclencher la puissance de Dieu au moyen de sa connaissance de la volonté de Dieu. L’incrédulité l’aurait poussé à combattre avec les armes de Saül.
Beaucoup de projets divins en nous avortent du fait d’une mauvaise conception de la foi. C’est l’Ennemi qui vient nous faire croire un mensonge ; sa stratégie est de nous faire croire qu’il faut beaucoup de foi, beaucoup de temps et beaucoup d’années, beaucoup d’efforts spirituels pour débloquer les situations. Cela nous amène à une sorte de religiosité spirituelle, où les résultats sont encore basés sur nos performances et non sur celle de Dieu. Or, Jésus change notre perception des choses. Les situations sont les mêmes que celles que le diable décrit, mais c’est l’équation qui est différente. Une montagne d’épreuves n’est pas égale à une montagne de foi. En fait, Jésus nous dit : peu importe la montagne, si tu exerces ta foi, elle sera suffisante pour ton problème.
Beaucoup de malades ne sont pas guéris, non parce que nous ne croyons pas que Dieu puisse le faire, mais parce que nous n’appuyons pas sur le bouton pour que sa force, celle de Dieu, s’accomplisse. Quand je prie pour les malades, j’ai besoin de m’appuyer sur la volonté de Dieu et sur sa puissance.
Seigneur Jésus, je te remercie, parce que rien n’est impossible à celui qui croit, et la foi que tu me donnes est suffisante pour ce à quoi tu m’appelles. Aujourd’hui, cette foi fera la différence.
Jean-Baptiste Lamblin