Pensée

Lève-toi et descends à la maison du potier - David Gay

Voici la parole adressée à Jérémie par l’Éternel : Lève-toi et descends à la maison du potier. Là, je te ferai entendre mes paroles. (Jérémie 18:1-2)

Ces deux versets, faisant partie du chapitre 18 du livre de Jérémie, dénotent une demande pour le moins étrange de l’Éternel au prophète : « Lève-toi et descends à la maison du potier. »

Quelle ne dut pas être la surprise de Jérémie ! Dieu veut lui parler, et il lui indique un endroit précis pour cela : « la maison du potier ». Le fait que Dieu veuille parler à Jérémie n’est pas étranger au prophète, qui, déjà par le passé, a reçu des paroles et des instructions claires et précises de la part de son Dieu. Cependant, quelle ne dut pas être sa surprise lorsqu’il entendit le lieu du rendez-vous divin ! Je ne peux m’empêcher de songer à ce que Jérémie a dû penser à la suite de cette demande : « Va à la maison du potier. » Assez étrange, comme lieu de rencontre… Pourquoi pas plutôt le somptueux temple du roi Salomon qui, à l’époque, surplombe Jérusalem, et où réside la présence et la gloire de Dieu ? Voilà un lieu qui aurait été, d’un point de vue humain et rationnel, beaucoup plus approprié pour une rencontre divine. Mais ce n’est pas la demande que Dieu fait au prophète.

Dans nos vies, Dieu nous demande parfois d’aller et de descendre à la maison du potier, alors que nous aurions préféré monter au temple. Il est tellement préférable, à l’homme, de monter au temple, car là se trouve tout ce qui peut attirer notre regard : les ustensiles en or et en argent, les vêtements de fin lin, un nombre quasiment illimité d’instruments de musique faits en métaux précieux… Devant tout cela, il est aisément imaginable que la maison du potier ne doit pas posséder le même rayonnement que celui du temple. On pense à ces vases, façonnés en argile (Jérémie 18:4), sans doute inachevés, en pleine fabrique, à moitié terminés, et qui n’ont pas l’éclat des vases du temple, lesquels sont, eux, faits à partir d’or et d’argent.

Parfois, nous ne comprenons pas les demandes de Dieu, et nous nous disons que nous devrions plutôt songer à monter au temple pour le rencontrer, ou que nous avons fait fausse route, que nous sommes dans un lieu sans éclat, sans lumière. Nous éprouvons l’amertume de nous retrouver là, et nos pensées nous disent que nous nous sommes trompés de chemin.

Mais c’est alors qu’intervient le mot le plus important de ces deux versets. Au verset 2, Dieu s’adresse à Jérémie et lui dit : « , je te ferai entendre mes paroles. » Quelle puissance trouvons-nous dans ce simple mot : ! Dieu nous veut dans un endroit précis, car c’est à cet endroit précis qu’il veut nous communiquer sa Parole. Jérémie aurait pu aller au temple, dans le palais du roi, ou dans quelque autre lieu que celui indiqué par Dieu : il n’aurait pas entendu la voix de son Dieu. L’endroit où l’Éternel voulait lui parler était , dans la maison du potier, et nulle part ailleurs ! Il en est de même pour nous : peut-être que nous ne sommes pas là où nous préférerions être, que nous pensons connaître un lieu où l’herbe serait plus verte pour nous ; mais si nous savons que nous sommes où Dieu nous veut, nous pouvons être certains que nous sommes au bon endroit. Car c’est dans ce lieu, peut-être sans éclat et sans relief à première vue, que Dieu a choisi de s’adresser à nous !

C’est dans ce lieu, la maison du potier, que Dieu s’adresse à Jérémie et lui révèle, par l’illustration de l’argile, son caractère parfait, sa grâce et son amour envers son peuple (Jérémie 18:3-10). Laissons Jérémie lui-même nous raconter la suite : « Je suis descendu à la maison du potier et j’ai vu… » Qu’a donc vu Jérémie ? Il a vu plus qu’un vase d’argile dans la main du potier : il a vu l’amour de Dieu, qui ne rejette pas son peuple malgré ses échecs, mais qui l’aime et prend soin de lui. Je vous encourage à lire et à méditer la suite du passage ; mais pourquoi Jérémie a-t-il vu ces choses ? Parce qu’il était où Dieu le lui avait demandé.

À l’instar de Jérémie, ne refusons pas et ne craignons pas de descendre, nous aussi, à la maison du potier, si Dieu nous y appelle !

David Gay