Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. (Éphésiens 6:12)
Il serait difficile de dire, en termes plus positifs que ne le fait ici l’apôtre Paul, qu’il y a, outre la corruption naturelle de l’homme, une puissance du mal beaucoup plus grande, un royaume des ténèbres, auquel les méchants sont asservis, et qui est en lutte continuelle contre le règne de Dieu et ceux qui lui appartiennent.
En fait, la vérité, c’est que lorsque vous êtes devenus chrétiens, vous vous êtes joints à une armée plutôt qu’à une croisière faite de plaisirs ; ou, comme quelqu’un d’autre l’a dit : « Vous êtes sur le champ de bataille plutôt que dans la cour de récréation. »
Que nous le voulions ou non, depuis que nous avons décidé de suivre Jésus, nous avons, par la même occasion, déclaré une guerre ouverte à Satan et à son royaume ! Soyons très vigilants et ne tombons pas dans les ruses de l’ennemi, car c’est son objectif ! Nous ne sommes pas dans une bataille physique contre d’autres personnes, mais dans une bataille spirituelle, qu’on ne peut gagner que par des moyens spirituels. Tout cela veut dire que nous ne voyons pas notre ennemi dans cette bataille, même si nous voyons les résultats de ses actes et de ses tactiques.
Je me rappelle l’histoire que racontait un homme qui, un jour, en rentrant du travail, avait une joie immense de pouvoir retrouver son épouse à la maison ; il se précipitait donc en chemin, en chantant des cantiques, avec la hâte de retrouver sa dulcinée. À peine était-il entré chez lui qu’il se mit à regarder chaque coin et recoin de sa maison, découvrant qu’il n’y avait pas assez d’ordre… Une pensée lui vint à l’esprit et il se dit : « Mon épouse n’a rien fait de la journée, et je me demande bien ce qu’elle faisait à la maison… » Très rapidement, ses pensées se transformèrent en paroles, et il le dit à son épouse, qui fut complètement brisée et blessée par ces paroles. Il comprit alors qu’il s’était fait avoir par l’ennemi dans ses pensées, et qu’il avait plutôt choisi de céder aux pensées que l’ennemi lui avait communiquées ! Quel gâchis ! Si seulement, avant de parler, il avait su que c’était une attaque de l’ennemi, il aurait pris autorité dans les pensées au nom de Jésus et, au lieu de « lutter » contre son épouse, il aurait lutté contre les esprits méchants !
Veillons, mes amis ; et avant d’agir face à une situation ou de répondre face à une attaque, posons-nous la question de savoir s’il ne s’agit pas là plutôt d’un piège de l’ennemi.
Alors, toi qui as un enfant rebelle et qui ne veut pas suivre le Seigneur, ne t’acharne pas sur lui : tu n’as pas à lutter contre lui, mais contre les esprits méchants qui endurcissent son cœur ! Toi qui as un mari qui te persécute et qui ne connaît pas encore le Seigneur, ne t’acharne pas sur lui ! Tu n’as pas à lutter contre la chair et le sang ! Ce combat ne se réglera pas à force de crier ou de se disputer ! Le combat est spirituel, et il se gagne dans les lieux célestes ! Toi qui as un patron dur et qui paraît parfois insensible à ton égard et à l’égard des autres, ne t’acharne pas sur lui ! Le combat est spirituel : règle-le dans les cieux, et non sur la terre !
Les exemples pourraient être multipliés, mais le point central est que nous devons apprendre à ne pas toujours nous attaquer aux hommes ou aux circonstances. Nous n’avons pas à lutter avec les gens, nous n’avons pas à mener des débats interminables ou des disputes sans fin avec les gens. Non ! Le combat est spirituel ! Je nous laisse enfin avec cette réflexion de Calvin à ce propos :
Ces paroles doivent nous revenir à la pensée toutes les fois que, provoqués par les offenses des hommes, nous sommes tentés de nous venger. Car, tandis que la passion naturelle nous soulève contre les hommes, nous serons retenus de cette folle ardeur par la pensée qu’ils ne sont eux-mêmes que des traits qui nous sont lancés par la main de Satan ; pendant que nous nous occupons à les repousser, nous nous exposons à tous ses coups. Alors nous luttons « contre la chair et le sang », et cela sans succès ; bien plus, la lutte nous devient nuisible. Il faut donc attaquer directement cet ennemi qui, de sa retraite, nous envahit et nous blesse, qui, même avant que nous nous doutions de sa présence, peut nous tuer.
Richard