Nous retrouvons le peuple d’Israël à l’entrée de la terre promise. Le peuple est en train de se mettre en ordre de marche pour aller prendre possession du pays que Dieu a promis à Israël. Le récit de cette histoire relativement bien connue (que nous trouvons dans Nombres 13 et 14) nous rappelle que, avant que le peuple n’entre dans le pays promis, Dieu désigne 12 hommes, 12 « espions », qui ont pour rôle d’aller visiter ce pays avant de revenir ensuite faire un bilan de ce qu’ils ont vu au peuple entier.
Au bout de 40 jours d’exploration, les 12 hommes reviennent vers le peuple pour faire leur rapport. Sur les 12 hommes, 10 vont livrer un récit négatif de cette exploration, expliquant que le pays semble merveilleux mais impossible à prendre, car le peuple qui y vit semble bien plus fort et bien plus impressionnant que le peuple d’Israël.
Cependant, au milieu des plaintes de ces hommes qui incitent le peuple à faire demi-tour, 2 hommes vont se détacher et apporter une version différente : Josué et Caleb. Ils incitent et encouragent le peuple à se préparer à entrer dans le pays promis, persuadés que même si les difficultés et les ennemis semblent forts et nombreux, Dieu est à leur côté.
Caleb semble particulièrement zélé dans cette tâche, il est persuadé que Dieu va combattre avec son peuple, qui va pouvoir ainsi être vainqueur et posséder le pays promis. Devant tous les murmures et face au mécontentement du peuple, Caleb n’a pas peur de les faire taire et de s’opposer à la très grande majorité de ses frères : « Caleb fit taire le peuple qui murmurait contre Moïse. Il dit : montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs ! » (Nombres 13:30).
Malheureusement, dans la suite de l’histoire, le peuple choisit de ne pas écouter Caleb et Josué et demeure incrédule face aux promesses. Il s’ensuivra pour eux 40 années de souffrance et d’errance dans le désert, pour ne pas avoir eu confiance dans les promesses de Dieu.
Il est cependant frappant, en lisant cette histoire, de se dire que les 12 « espions » n’étaient pas d’accord entre eux. Pourtant, sur les 12 hommes, les 12 ont vu la même chose ! Ils ont en effet vu un pays magnifique, où les fruits sont abondants, où les ressources naturelles ont l’air inépuisables, mais où les villes sont fortifiées, très grandes, et les peuples très puissants. Ces 12 Israélites ont vu la même chose, mais il faut croire qu’ils n’avaient pas les mêmes lunettes… Caleb, notamment, avait des lunettes différentes de ses compagnons d’exploration. Suite à cet épisode, Dieu s’adressera à lui de cette façon : « Parce que mon serviteur Caleb a été animé d’un autre esprit, et qu’il a pleinement suivi ma voie, je le ferai entrer dans le pays où il est allé, et ses descendants le posséderont » (Nombres 14:24).
Dieu appelle Caleb « son serviteur » et annonce qu’il a été animé d’un autre esprit, d’un esprit différent de celui de ses compagnons. Caleb avait en lui cette autre mentalité, il avait cet esprit de conquérant, d’attaquant. Cet esprit n’est autre que le Saint-Esprit, dont l’apôtre Paul nous livre certaines des caractéristiques : « Dieu nous a donné non pas un esprit de timidité, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2 Timothée 1:7). D’après ce verset, nous voyons que c’était sans aucun doute le Saint-Esprit lui-même qui était à l’œuvre en Caleb, le démarquant ainsi des autres espions.
Encore aujourd’hui, Dieu souhaite que nous soyons des « Caleb », que nous ayons cet esprit de conquête et de discernement dans tous les différents domaines de notre vie. Caleb a pu entrer dans la terre promise, dans le pays de Canaan, à la différence des 10 autres espions, parce qu’il avait cet esprit différent de celui de ses compagnons, il possédait cet esprit de conquérant et une confiance en Dieu inébranlable ! Caleb avait pourtant vu les difficultés qu’allait poser cette conquête, tout comme ses 11 autres compagnons… Mais il avait la conviction, la certitude que Dieu était avec lui et qu’il pouvait compter sur lui ! C’est par la foi (cf. Hébreux 11) qu’il s’est approprié les promesses de Dieu, les a faites siennes et a pleinement suivi la voie de Dieu. La foi est conquérante, ainsi que nous le montre le chapitre 11 d’Hébreux, qui reprend sans cesse ce refrain : « C’est par la foi que… » !
Aujourd’hui, quel est mon Canaan ? Dieu ne me demande peut-être pas de prendre possession d’un pays, mais qu’en est-il dans mon mariage ? dans mon travail ? dans ma vie de famille ? dans mes relations ou dans mon service pour Dieu ? Quelles sont mes lunettes ? Suis-je focalisé sur les difficultés ou sur le Dieu que servait Caleb, et qui est plus grand que mes difficultés ?
L’incrédulité nous amènera au même point que le peuple d’Israël : à tourner en rond dans le désert… Alors que la foi est conquérante, elle saisit les promesses de Dieu et nous permet d’avancer sur le chemin. Que nous puissions aujourd’hui, plus que jamais, être animés d’un autre esprit que celui de ce monde, animés du Saint-Esprit qui nous communique les voies et les pensées de Dieu dans chaque domaine de nos vies.
David