Voici le récit authentique d’une petite fille du nom de Mary Jones. À cause de son amour pour la Parole de Dieu, elle fut à l’origine d’une œuvre chrétienne mondialement connue. En 1794, cette jeune galloise de dix ans fut la première de sa famille à apprendre à lire. Ses efforts furent récompensés quand, en classe, son enseignante l’invita à lire à haute voix un passage de la Bible en gallois. En lisant, Mary fut profondément émue. À partir de ce moment-là, elle résolut de faire tout ce qui était en son pouvoir pour se procurer une Bible. Pendant six ans, sans relâche, elle tricota des bas, cultiva des légumes, s’occupa d’une ruche d’abeilles, éleva des poules pour en vendre les œufs et aida des fermiers de la région à récolter leur moisson. Ainsi, peu à peu, elle put accumuler assez d’argent pour réaliser son rêve. Chaque samedi, elle avait pris l’habitude de se rendre chez Madame Evans, l’épouse d’un fermier, qui l’invitait chez elle pour lire la Bible.
À l’âge de 16 ans, Mary avait enfin réuni la somme nécessaire. Elle apprit que Monsieur Charles, un pasteur de Bala, vendait des Bibles. Mary entreprit donc le voyage, bien que la distance fût d’environ 40 km et que le trajet fût périlleux et ardu : en effet, souvent, des voleurs guettaient les voyageurs pour les dépouiller de leur argent. Mary se confia en Dieu et le pria de la protéger en route. Elle arriva le jour suivant, mais dut constater qu’il ne restait malheureusement qu’une seule Bible galloise et que Monsieur Charles l’avait déjà promise à un de ses amis. Trop déçue, Mary se mit à pleurer. L’homme, profondément touché par la détresse de la jeune fille, eut compassion d’elle et lui vendit l’unique exemplaire en gallois dont il disposait. Il n’en privait en outre pas son ami, puisque celui-ci, possédant déjà une Bible en anglais, maîtrisait aussi bien chacune des deux langues.
Il est à noter que cet événement fut à l’origine d’une importante action. Quelque temps plus tard, Monsieur Charles présenta, lors d’un congrès à Londres, la situation du peuple gallois, en exposant leur besoin en Bibles. Il le fit avec une telle éloquence que le révérend Thomas Hughes, pasteur de l’église baptiste de Battersea, s’écria : « Il faut absolument créer une société pour subvenir à ce besoin. Mais si nous le faisons pour le pays de Galles, pourquoi ne pas agir ainsi pour la Grande-Bretagne ? Et pourquoi pas pour le reste du monde ? » Cette simple réunion permit de fonder la British and Foreign Bible Society et, par la suite, de commencer le travail des Sociétés bibliques à travers le monde.
Walter Zanzen