Si Dieu ne pardonnait pas nos fautes, nous devrions les porter et les supporter toute notre vie, dans une éternité difficile à envisager comme positive. Nous serions toujours écrasés par le poids de notre culpabilité. C’est sans doute pourquoi le pardon est au cœur de la Bible et, si l’on y réfléchit bien, c’est même tout l’investissement de Dieu pour l’humanité, donc pour chacun d’entre nous. En effet, la venue du Fils de Dieu dans le monde n’est pas seulement là pour témoigner de l’amour de Dieu à notre égard, ni pour donner un sens à notre existence ou à la vie en général. Elle est avant tout pour offrir à quiconque le pardon du Dieu créateur, sans lequel il ne pourrait y avoir de réconciliation possible avec lui. Le pardon est un don de Dieu ; un don qui vient à notre rencontre. Le pardon est l’unique solution de Dieu au problème du péché de l’homme.
Et si nous n’acceptons pas cette solution divine, c’est extrêmement grave, puisqu’il n’y en a aucune autre. Le pardon est une initiative de Dieu parce qu’il n’est pas une capacité humaine. Puisque la Bible parle sans cesse du pardon, il est intéressant de voir comment elle en parle et même avec quels mots elle le fait. En hébreu, pardonner se dit avec le verbe effacer. En pardonnant, Dieu efface les fautes que nous avons commises. Il paraît que l’homme a inventé la gomme avant d’inventer le crayon de papier. Or, si je lis bien la Bible, Dieu a également inventé et proposé la gomme avant d’inscrire la loi.
C’est que sans le pardon, rien de vrai entre Dieu et l’homme ne peut être écrit. Un autre mot hébreu parle du pardon, c’est celui qui cerne l’idée de lever, enlever un fardeau, soulager en portant plus loin. C’est cette idée que l’on retrouve dans l’expression de Jésus lorsqu’il propose de déposer ses fardeaux, de les enlever de nos épaules, pour en être soulagé, délivré. Libérer est un troisième verbe qui évoque le même pardon. Libérer d’une dette lourde, stressante, oppressante. La Bible constate que tous les hommes sont coupables et pécheurs devant Dieu. Fautes, péchés, culpabilité pèsent des tonnes sur notre conscience. Le pardon devient vraiment une libération et un soulagement lorsqu’il ôte ce poids accablant et insupportable. Puisque Dieu pardonne et propose son pardon, pourquoi ne pas s’approcher de lui pour sortir de l’écrasement épuisant et enfin se redresser, marcher droit, libéré ? Ne serait-ce pas une nouvelle faute que de refuser une offre aussi généreuse ?
Bob Gass