Pensée

Nos préjugés empêchent l’action de Dieu

Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité. (Marc 6:1-6)

Nous savons que Jésus allait de lieu en lieu pour faire du bien, en guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du Diable (Actes 10:38) ; mais dans ce lieu en particulier, à Nazareth, peu d’œuvres du Diable ont été détruites. La volonté de Dieu ne fut pas accomplie. Du moins, elle le fut pour peu de monde seulement.

Ce passage nous révèle quelque chose de fondamental par rapport à l’exercice de notre ministère, et à l’action de Dieu dans un lieu donné. En dépit du Royaume de Dieu désormais accessible, de l’Évangile annoncé, il existe certains endroits où les manifestations de l’Esprit sont largement réduites. Jésus ne put faire là aucun miracle ! Visiblement, seulement quelques guérisons ! Il est certain qu’il ne culpabilise pas du tout du manque de résultat ; mais « il s’étonne de leur incrédulité » ! Qu’est-ce qui empêche la manifestation du Royaume de Dieu ? L’incrédulité ! Quelle est l’origine de cette incrédulité qui règne à Nazareth ? L’opinion qu’avaient les habitants au sujet de Jésus lui-même !

Pourquoi, particulièrement dans ce lieu, Jésus ne pouvait-il pas faire de miracle et avait-il eu un impact si faible ? Parce qu’ils connaissaient Jésus comme un charpentier, et non comme un prophète ou le Messie. Nous avons là une réponse générale à l’impact du Saint-Esprit dans un milieu donné. Cet impact est parfois lié à l’a priori existant au sujet du ministre lui-même. C’est pourquoi Jésus pouvait dire : « un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison » (Marc 6:4). L’idée que nous nous faisons de quelqu’un va directement influencer la manière dont nous allons le recevoir et l’écouter. Les habitants de Nazareth avaient vu Jésus grandir au milieu d’eux, jouer avec leurs propres enfants ; Jésus fut connu comme charpentier. L’opinion qu’ils se faisaient de Jésus représentait un obstacle à leur foi ; la réputation que Jésus avait auprès d’eux était pour eux une occasion de chute. Les obstacles sont des a priori, des raisonnements faux, qui nous empêchent de recevoir quelqu’un tel qu’il est, avec son message. L’apôtre Paul décrit cela comme des forteresses de raisonnements qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu (1 Corinthiens 10:4-5). Cela prouve qu’il peut exister, dans un environnement particulier, une atmosphère de foi ou une atmosphère d’incrédulité. Dans cet épisode, les paroles de Jésus ont trouvé des forteresses de raisonnements qui empêchent leurs manifestations.

Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit reçoit celui qui m’a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. (Matthieu 10:40-41)

Recevoir « en qualité de », « en l’honneur de », c’est-à-dire recevoir avec une attente particulière, qui va permettre de recevoir la récompense attendue. Aujourd’hui, sachant que Jésus est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Hébreux 13:8), nous pouvons nous poser la question : est-il choqué de notre incrédulité ? Le recevons-nous comme celui qui guérit ? Comme le Messie, dont la puissance et la volonté n’ont pas changé ? Son désir est le même pour détruire les œuvres du Diable.

Puisque Jésus nous promet que, par la foi, nous ferons les mêmes œuvres que lui, cela signifie aussi que nous serons confrontés aux mêmes situations dans lesquelles l’incrédulité ambiante limitera l’action de Dieu. Puisque nous ne sommes pas plus grands que le maître, les « a priori » ne manqueront pas de nous discréditer aussi ; mais nous devons nous appliquer à nous dégager personnellement des opinions humaines pour nous concentrer sur la volonté de Dieu, certains que nos capacités viennent de lui.

Seigneur, je te demande pardon d’avoir limité ta volonté dans ma vie. Tu es le même aujourd’hui, et ta volonté n’a pas changé. Je veux t’accueillir en qualité de celui qui guérit aujourd’hui, et je recevrai ma récompense !

Jean-Baptiste Lamblin