Il s’approcha… et prit soin de lui. (Luc 10:34)
Dans une parabole, Jésus raconte qu’un Samaritain rencontra un homme blessé, abandonné sur le bord d’une route. « Il s’approcha, banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui… » (Luc 10:34). Les deux premiers hommes à avoir vu le blessé gisant dans son sang étaient des professionnels. Leur rôle, en tant que prêtre et lévite, était de procurer une forme de guérison à ceux qui venaient à eux. On pourrait les comparer, de nos jours, à un psychiatre, ou à un médecin, un pasteur, un prêtre.
C’était à eux qu’incombait la responsabilité d’offrir un soutien spécialisé débouchant sur une guérison à court ou moyen terme. Ils ne s’intéressent donc pas au blessé qui ne requiert pas vraiment leurs services. Après tout, dirait notre psychiatre ou notre médecin : « Si vous avez besoin de mon aide, prenez rendez-vous avec ma secrétaire ! » L’étranger, le Samaritain, n’est pas un professionnel. Il ne fait que « prendre soin » du blessé, peut-être mal, sans suivre les règles de l’art, mais n’écoutant que son cœur et faisant fi de son confort. Il salit de sang ses vêtements, soulève le blessé en faisant de son mieux, même s’il n’est pas formé aux techniques des sauveteurs, puis paie de sa poche la chambre où il laisse le blessé. Il exprime simplement sa compassion en prenant soin de l’homme, sans lui faire de sermon, sans essayer de le « changer ». Henri Nouwen a écrit : « Prendre soin de l’autre n’est pas nécessairement le guérir.
La guérison implique un changement d’état. Un médecin, un avocat, un pasteur ou un prêtre, une assistante sociale utilisent leurs compétences "professionnelles" pour transformer la vie des gens dont ils s’occupent… Faire preuve d’attention envers quelqu’un qui souffre, c’est pouvoir pleurer avec lui, sentir sa peine, s’associer avec lui. C’est proclamer que l’autre est mon frère, ma sœur, qu’il ou elle me ressemble, est mortel et vulnérable comme je le suis. Si nous faisons d’abord preuve de compassion, celui qui en bénéficie peut accepter ensuite la guérison, si elle se réalise, comme un simple don. Apporter la guérison n’est pas toujours possible, mais nous pouvons toujours faire preuve d’attention et de compassion. » Sa parole pour vous aujourd’hui : osez vous approcher de celui qui souffre pour prendre soin de lui, même si vous ne pouvez pas le guérir !
Bob Gass