Je comptais passer chez vous en allant en Macédoine, puis revenir de Macédoine chez vous. Vous auriez pu m’aider à poursuivre mon voyage vers la Judée. En formant ce projet, ai-je fait preuve de légèreté ? Ou bien mes plans seraient-ils inspirés par des motifs purement humains, en sorte que lorsque je dis "oui", cela pourrait être "non" ? (2 Corinthiens 1:16-17)
Paul a fondé l’Église de Corinthe en 51 après Jésus-Christ. Il enseigna la Parole de Dieu aux côtés d’autres serviteurs durant plus d’un an et demi. Les croyants de cette ville lui envoyèrent par la suite une lettre contenant plusieurs questions très pratiques : l’apôtre leur répond avec la lettre de la Bible « 1 Corinthiens ». Plus tard, Paul se rend à Corinthe une deuxième fois et connaît un épisode pénible dont nous ne connaissons pas la nature exacte. Néanmoins, nous savons qu’il a vécu une expérience humiliante, et qu’il a peur que Dieu lui en réserve d’autres semblables s’il revient parmi eux (2 Corinthiens 12:21). Pourtant, il forme le projet d’aller chez eux en passant par la Macédoine, et leur en fait part. Finalement, son trajet ne passera pas par Corinthe, et les croyants de la ville lui reprochent d’avoir fait preuve de légèreté en modifiant ses plans de voyage au gré de ses propres désirs.
Combien de fois avons-nous été peu enclins à servir ceux qui nous ont offensés ? Paul avait toutes les raisons pour arrêter de servir ceux qui l’avaient humilié. « Après tout, je les ai vus naître dans la foi et les ai accompagnés durant de longs mois dans leurs premiers pas ! Maintenant, ils devraient être adultes dans la foi, entièrement conduits par l’Esprit ! » pourrait-il se dire (1 Corinthiens 3:1). Mais Paul n’agit pas ainsi. Il rappelle dans nombre de ses lettres qu’il est l’apôtre des non-juifs dans la grâce de Dieu, envoyé dans les nations pour la proclamation de la Bonne Nouvelle et de son établissement dans les cœurs. En clair, les Corinthiens sont dans le champ de mission que Dieu lui a donné. Alors, il ne se détourne pas d’eux. Même si le feeling des premiers temps semble consumé, il est toujours présent auprès d’eux par ses prières et ses lettres. Même s’ils ont changé et que leurs conduites ne lui conviennent plus, il leur reste dévoué et fidèle. Ses plans ne sont pas guidés par ses émotions et la qualité de ses relations : ses plans sont uniquement guidés par le Saint-Esprit. Qui irait servir avec dévouement ceux qui l’auraient humilié ? Seul l’homme qui obéit à l’Esprit et qui ne se détourne pas du champ que celui-ci lui a confié. D’ailleurs, s’il ne va pas les voir pour le moment, c’est qu’il ne veut pas les brusquer :
Pourquoi donc ne suis-je pas encore revenu à Corinthe ? J’en prends Dieu à témoin sur ma vie : c’est parce que je voulais vous ménager ; notre rôle n’est pas de dominer sur votre foi, mais de collaborer ensemble à votre joie, car vous tenez fermes dans la foi. (2 Corinthiens 1:23-24)
Nous avons la responsabilité d’écouter le Saint-Esprit et de discerner quel champ de mission Dieu nous a confié. C’est capital, car lorsque nous l’avons reçu, nous ne pouvons plus nous en détourner sur un coup de tête, ou parce que les circonstances nous sont défavorables ou désagréables. Aussi longtemps que Dieu nous y appelle, notre place est dans le service de ces personnes ! Mais ce n’est pas nous qui décidons du terme : seul Dieu nous y amène. Alors… apprenons à écouter sa voix au lieu de nos émotions !
Guillaume