Pensée

Un Sacrifice de Louange - Samir

Il arrive parfois que Dieu nous déstabilise dans notre petit « train-train » quotidien. Pour moi, ça a été un accident de voiture survenu un matin, alors que je me rendais au culte dans mon assemblée. Ma voiture a glissé sur une plaque de verglas, ne laissant aucune chance à cette belle cylindrée (une Peugeot 306) qui est allée s’écraser contre un poteau télécom (mais que faisait-il là ?).

Résultat des courses : une voiture hors d’état, irréparable, et un tronc d’arbre qui s’était écroulé sur le chemin de vie bénie que je menais à ce moment-là ! C’est arrivé au moment où je pensais que rien de mal ne pouvait m’arriver. C’est arrivé au bon moment ! Je vous parle là d’un événement survenu il y a deux semaines ; et en deux semaines, je suis passé par tant d’états d’âme…

D’abord par des « Oh non ! Mince, pas maintenant ! », ensuite des pleurs pour évacuer le trop-plein d’émotions ; ensuite la reconnaissance envers Dieu, car il m’a gardé et il a gardé ma famille qui, justement, n’était pas avec moi dans la voiture ce matin-là.

Je me suis souvenu de la prière que je faisais à Dieu la veille de l’accident : « Seigneur, je te louerai, et ce, peu importe les circonstances. » Je ne croyais pas si bien dire, puisqu’à ce moment-là, je ne pensais pas qu’il faudrait que je le loue dans ces circonstances le lendemain et les jours qui suivraient.

Oui, j’ai loué Dieu. Le jour même de l’accident, j’ai pris position contre la tristesse. Mais devant les critiques de certains proches, mon cœur a été troublé. S’en est suivi le fameux « Pourquoi ? ». Et c’est là que le bras de fer a vraiment commencé. J’étais accablé de tristesse, de découragement, de doutes. Aucune parole d’encouragement n’aurait pu me consoler dans mon désarroi. En tout cas, au début.

Après un temps de prière avec des amis, ils m’ont demandé de conduire pour eux un moment de louange (tiens ! la revoilà, celle-là !). Et là, c’était vraiment un défi ! Mais relevé avec brio, puisque nous avons passé un bon moment dans la présence de Dieu. Je dis « avec brio », mais je n’en pense pas moins. Je ne faisais pas le fier. J’avais honte des réactions que j’avais eues et de l’état de mon cœur après cette fameuse prière dans laquelle je disais à Dieu que je le louerais en toutes circonstances. Cela me fait penser à la fougue et au zèle de l’apôtre Pierre, que Jésus reprend en lui disant qu’il le reniera.

J’ai appris ce que voulait vraiment dire offrir un « sacrifice de louange ». Un sacrifice, c’est offrir quelque chose qui coûte, qui a un prix, comme Abraham qui alla pour sacrifier son fils, le fils de la promesse, Isaac. Il est écrit qu’il est allé pour « adorer ». C’est un acte d’obéissance et d’adoration, c’est-à-dire un acte de passion, d’un profond amour pour celui qui le lui a demandé, à savoir Dieu lui-même. Le louer dans ces circonstances difficiles me coûtait, car j’avais de la colère en moi. Et bien souvent, ce n’est pas Dieu qui a besoin de nos louanges, mais c’est nous qui avons besoin de le louer. Louer Dieu dans nos circonstances difficiles nous décentre de nos problèmes et nous recentre sur sa gloire, sur notre identité en Christ et l’héritage que nous avons en lui et avec lui.

Mon problème de voiture avait pris tellement d’ampleur dans ma tête que je ne voyais que ce que je n’avais plus, au lieu de voir ce que j’avais ! Le louer, même dans ces circonstances, m’a permis de focaliser mon esprit et mes pensées sur Jésus. Cela m’a permis de garder un espoir et de proclamer ses promesses. Aujourd’hui, c’est avec un cœur en paix que j’écris ceci, et je ne peux que continuer à louer Dieu pour la perfection de sa pédagogie.

J’aimerais vous encourager, si vous passez par des épreuves qui déstabilisent votre foi. Souvent, on ne comprend pas pourquoi. Et Dieu, dans sa sagesse, ne vous l’explique pas toujours. Mais si je peux vous donner un conseil : louez-le ! Car ce sont des projets de paix et non de malheur que Dieu nous a donnés (Jérémie 29:11). Nous avons de l’espérance, et nous avons un Père dans les cieux pour qui rien n’est impossible. Il n’y a pas de montagne trop haute pour Dieu, ni de creux trop profond. Il n’y a aucune tempête trop forte pour qu’il ne puisse l’apaiser. Rien ne lui est impossible, et il prend plaisir à secourir ses enfants !

Que le Seigneur ravive votre joie, votre espérance en lui ! Louez-le de toutes vos forces ; et si le cœur n’y est pas, dites-vous que l’amour ne s’exprime pas toujours avec les sentiments du cœur, mais que l’amour est un choix ! Choisissez donc de l’aimer plus que vos problèmes ! Soyez bénis !

Samir