Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. (Romains 12:14)
La venue de Jésus change le regard sur l’autre et, surtout, instaure une nouvelle dimension à l’amour du prochain. Si autrefois il était dit : « Fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ; il lui sera fait la même blessure qu’il a faite à son prochain » (Lévitique 24:20), Jésus, lui, va enseigner le pardon, la compassion et l’amour de son prochain (Matthieu 5:44). Nous lisons dans Romains 12:20 : « Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. »
Bien sûr, nous ne le faisons pas dans le but de nuire à l’autre ni pour qu’il soit « puni », mais nous le faisons en étant animés de l’amour de Dieu, sous l’onction du Saint-Esprit qui nous donne la force de pardonner. Bénir, c’est donner son assentiment, sa faveur. C’est un acte qui demande un élan du cœur et de l’âme. Vous me direz qu’il est plus aisé de bénir ceux qui nous font du bien, mais que c’est bien difficile de le mettre en pratique lorsque l’on est confronté à des personnes qui nous sont hostiles et qui nous font du mal. Mais quel bien tirerions-nous à bénir et aimer seulement ceux qui nous aiment déjà ? Le deuxième commandement que Dieu nous a donné, c’est : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 19:19) ; et 1 Pierre 3:9 insiste en nous laissant ce passage : « Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction. » Nous devons donc revêtir Christ en nous afin de pouvoir pardonner à ceux qui nous font du mal, mais aussi de les bénir. 1 Jean 4:20 nous dit : « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? »
Nous ne devons pas ignorer qu’un jour ou l’autre, nous serons confrontés à des personnes, proches ou non, qui nous persécuteront ou essaieront de nous porter préjudice. Jean 15:20 nous encourage cependant : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. » Jésus, le premier, a subi la persécution, la moquerie, etc. ; mais il n’a pas cherché à se venger ou à punir : il a pardonné et aimé jusqu’au bout. Luc 23:34 : « Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font […]. » Jésus nous montre l’exemple et nous remplit du Saint-Esprit afin que nous puissions, nous aussi, avoir la force de pardonner et de bénir.
Instinctivement, lorsque nous sommes confrontés à une situation pénible où nous sommes agressés, blessés, condamnés injustement, persécutés pour notre foi, nous réagissons de manière charnelle, en laissant nos émotions et nos sentiments prendre le dessus. Mais lorsque nous sentons que les pousses de la colère et de la haine commencent à germer dans nos cœurs, nous devons alors tourner la face vers notre Dieu d’amour et nous mettre à genoux devant lui pour lui demander de changer nos cœurs, afin que nous puissions porter en nous sa semence d’amour et de vie, et non celle du malin qui, tel un lion rugissant, n’attend qu’une chose : prendre le contrôle de nos cœurs pour y planter son venin destructeur. Nous ne devons pas oublier que, dans la persécution, dans l’injustice ou la méchanceté gratuite, nous ne sommes pas seuls, car Jésus est avec nous et il nous protège (Romains 8:35). 2 Corinthiens 4:9 nous dit : « Persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus. » Nous ne sommes pas les premiers à subir ces choses : Paul, les prophètes et les disciples ont, eux aussi, connu ces situations périlleuses et difficiles (Hébreux 11:37). Nous pouvons en lire un exemple dans 1 Corinthiens 4:12 : « … nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons. » En tant que chrétiens, nous savons que nous ne serons pas épargnés par l’ennemi (2 Timothée 3:12 ; Matthieu 5:10-11), mais nous devons utiliser les armes de Dieu pour supporter et avancer malgré l’opposition de l’ennemi. Et l’arme la plus efficace, c’est l’amour que Dieu dépose en nos cœurs, la compassion ; et c’est en regardant l’autre avec un regard spirituel que nous pourrons bénir et refléter la gloire de Dieu, l’image de Christ, qui ne pourra qu’éclabousser celui qui viendra s’y frotter (Romains 13:10 ; Jean 15:17). L’important, c’est de toujours garder en nous les préceptes du Seigneur (Psaumes 119:157) et de porter en nous l’amour de Dieu qui seul, sous l’onction du Saint-Esprit, nous donnera le pouvoir de bénir, de pardonner et de briller pour la gloire de Dieu. Dieu nous aime tous, et il nous demande d’aimer comme lui nous a aimés le premier. Alors, bénissons et prions pour le salut de ceux qui nous maudissent, nous blessent et nous persécutent. Dieu est maître de tout et peut changer toutes les situations, tous les cœurs, et transformer le mal en bénédiction et la haine en amour. Je vous laisse ce dernier passage :
Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. (Luc 6:35)
Michelle Brassard