Pensée

Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l’Éternel, votre Dieu - Michelle

Il leur dit aussi une parabole : Personne ne déchire d’un habit neuf un morceau pour le mettre à un vieil habit ; car il déchire l’habit neuf, et le morceau qu’il en a pris n’est pas assorti au vieux. (Luc 5:36)

Tout au long de la Bible, nous pouvons noter que le vêtement est souvent utilisé de manière symbolique. Aussi, en lisant ce passage de Luc 5:36, j’ai été amenée à me poser une question sur la signification de cette parabole. Si nous reprenons le passage de Marc 2:21, le premier verbe employé n’est pas « déchirer » mais « coudre » ; et si nous lisons dans Matthieu 9:16, nous voyons que le verbe utilisé est « mettre ».

Alors, pourquoi ces termes différents dans des textes qui signifient la même chose ? Ces verbes, bien qu’ils soient tous transitifs, n’ont pas la même définition. Au sens figuré, « déchirer » signifie diviser, séparer ; « coudre » signifie assembler, relier ou réparer ; quant au verbe « mettre », il signifie placer, mais aussi conduire ou faire entrer. Alors, quelle explication apporter ?

Dans cette parabole, l’habit n’est pas seulement physique, mais il a une symbolique spirituelle. Spirituellement, lorsque nous acceptons le Seigneur pour Sauveur et Roi, nous revêtons sa personne. Galates 3:27 nous dit ceci : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » En passant par les eaux du baptême, nous avons été dépouillés de notre ancienne nature et nous avons revêtu une nouvelle nature spirituelle. Colossiens 3:10 dit : « … et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé. » Ainsi donc, nous portons un vêtement spirituel nouveau, neuf, qui est à l’image de celui qui vit en nous, Jésus-Christ. Par ce renouvellement, le Seigneur nous remplit du Saint-Esprit, qui alors nous revêt de la puissance de Dieu et nous donne sa force. Nous pouvons le lire dans Luc 24:49 : « Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » Enfin, lorsque le Seigneur reviendra dans toute sa gloire à la fin des temps, nous revêtirons un corps glorifié incorruptible : « Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Corinthiens 15:54).

Ainsi, lorsque le Seigneur reviendra, nous ne serons pas trouvés nus spirituellement, mais nous serons trouvés revêtus de Christ, qui vit en nous et qui nous donnera alors un vêtement blanc, pur et éternel. J’aime ce passage d’Ésaïe 61:10 :

Je me réjouirai en l’Éternel, mon âme sera ravie d’allégresse en mon Dieu ; car il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la délivrance, comme le fiancé s’orne d’un diadème, comme la fiancée se pare de ses joyaux. (Ésaïe 61:10)

Alors, qu’ont voulu nous transmettre Matthieu, Marc et Luc à travers ces passages ? Certains théologiens traduisent cette parabole en faisant une comparaison entre la justice humaine, qui représente le vêtement usé, toujours imparfait et usé par le péché (Ésaïe 64:5), et la justice divine, qui est un des attributs de Dieu et qui est l’œuvre parfaite de l’expiation accomplie par le Seigneur (1 Pierre 3:18 ; Romains 3:25). Mais, pour ma part, j’aimerais lui donner un sens différent. Pour moi, selon ce que l’Esprit m’inspire, je dirais plutôt que l’habit neuf n’est autre que l’homme nouveau (spirituel) que nous sommes devenus en acceptant le Seigneur dans notre vie. Revêtus de sa personne, nous ne pouvons pas « déchirer » cet habit spirituel, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas le diviser, le troubler en acceptant des compromis dans nos vies et en essayant de le relier, de l’assembler avec notre ancienne nature pécheresse. Lorsque, dans nos vies, nous regardons vers l’arrière, vers le passé, que nous laissons pousser en nous des racines impures, nous déchirons cet habit spirituel. Coudre, c’est essayer d’assembler et de relier le charnel au spirituel, ce qui est totalement incompatible et provoque une séparation d’avec la vérité qui est en Christ. Ainsi, essayer de « mettre » ou de « coudre » tout ce qui est spirituel avec une attitude charnelle ne peut que conduire à une rupture, une « déchirure », avec les préceptes que Dieu nous a donnés et qui doivent être ancrés dans nos cœurs. C’est pourquoi Luc dit : « … le morceau qu’il en a pris n’est pas assorti au vieux » ; ou encore Marc : « … la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire. » Luc 16:13 nous dit ceci : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Celui qui a connu la parole de la vie et l’a acceptée dans son cœur, qui a revêtu en lui la personne de Christ et son Saint-Esprit, ne peut pas retourner en arrière sans connaître un état pire que celui qu’il avait avant. Prenons pour exemple ce passage de 2 Pierre 2:20 : « En effet, si, après s’être retirés du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première. »

De même, un chrétien ne peut pas essayer de suivre la vérité et garder en même temps une vie qui ne soit pas en adéquation avec sa nouveauté de vie. Il doit faire un choix, qui l’amènera soit à garder un regard spirituel et à laisser le Saint-Esprit le renouveler et détruire ce qui n’est pas à la gloire de Dieu, soit à garder les racines du péché, naissantes ou enfouies dans les profondeurs de son cœur — et la conséquence de son choix sera la perte de la couronne de vie qui lui était préparée en Jésus notre Sauveur. Ainsi, les termes « déchirer », « coudre » et « mettre » sont des états successifs : « déchirer », c’est rompre l’habit spirituel que Dieu nous a donné, car il ne peut pas être « cousu », c’est-à-dire relié, assemblé au péché, dont la conséquence, « mettre », conduira vers « emporter », vers la destruction, « le pire ».

Alors, prions pour que le Seigneur nous garde couverts de sa justice et revêtus de son Saint-Esprit, afin que nous entrions dans sa gloire. Ecclésiaste 9:8 dit : « Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête. » C’est là notre désir : porter les vêtements blancs et purs de celui qui vit en nous, en étant remplis de son huile sainte, son Saint-Esprit. Je vous laisserai ce dernier passage :

Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez à l’Éternel, votre Dieu ; car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et il se repent des maux qu’il envoie. (Joël 2:13)

Michelle Brassard