Je sais ! Il ressuscitera à la résurrection au dernier jour ! (Jean 11:23)
Marthe discute avec Jésus alors que son frère Lazare est mort. Après lui avoir déclaré « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera », le Seigneur rétorque : « Ton frère ressuscitera ! » Marthe lui répond en parlant de son deuxième savoir : « Je sais ! Il ressuscitera au dernier jour ! » À ce niveau de la conversation, on peut se demander si les deux protagonistes se comprennent vraiment. Derrière les mots et les temps utilisés, disent-ils la même chose ?
Il semble que Marthe se console en évoquant une résurrection à venir, dans un futur lointain, à la fin des temps. Il est vrai que Jésus a déjà parlé d’une résurrection finale, celle des croyants, aux temps eschatologiques, et que la pensée de Marthe s’est faite à cette idée. La distance temporelle est mentionnée et, quelque part, nous pouvons discerner la douleur et la lassitude de Marthe. En attendant le dernier jour, il faut vivre avec cette absence, ce deuil, cette béance. Belle consolation, mais elle est fixée à un avenir si lointain que la souffrance a le temps de s’installer.
Or, Jésus va faire exploser cette consolation et ce savoir anesthésiants. Il déclare : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11:25). D’un seul coup, avec cette déclaration, le dernier jour s’est rapproché. La résurrection est là, ici et maintenant. Elle ne survient pas au dernier jour. Nous assistons au télescopage des temps, et à la mort de la mort. Jésus présent, c’est l’avenir qui devient immédiat : le royaume s’est approché. Croire en Jésus, c’est triompher de la mort dès maintenant. Et avant que Lazare ressuscite, nous assistons à la résurrection de Marthe. Elle déclare soudain : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu… » (Jean 11:27). Comme elle, il nous faut passer du « je sais » au « je crois ! » ; de la théorie à la pratique de la foi.
Bob Gass