C’est lui qui pardonne toutes nos fautes, qui guérit toutes nos maladies, qui reprend ta vie au fond du gouffre, qui te couronne de fidélité et de compassion, qui rassasie de biens ta vieillesse, qui te fait rajeunir comme l’aigle… (Psaumes 103:3-5)
Lorsque Jésus parle du pardon – et il le fait souvent, et jusque dans son dernier souffle – il utilise un mot qui, en grec, donne l’expression « faire grâce », gracier. Dans cette notion de la grâce, il y a naturellement l’idée de gratuité ; il s’agit bien de recevoir quelque chose de non mérité. Le pardon est bien un don, un don gratuit. Le pléonasme est nécessaire pour que nous comprenions bien. Le psalmiste insiste : le pardon de Dieu est une force vivifiante, re-vivifiante ; une force qui évoque la résurrection, une force qui remet sur pied, qui remet en route.
Dans l’Évangile, Jésus accorde le pardon au paralysé transporté par ses quatre amis : « Tes péchés te sont pardonnés… Lève-toi et marche, va chez toi ! » (Marc 2:5 ; 11). Nous avons bien là l’idée d’une remise en route, voire d’une nouvelle vie, d’une résurrection. Le pardon de Dieu permet de reprendre de la hauteur lorsque l’on se sent écrasé. C’est ainsi que tout en nous est renouvelé, rafraîchi : c’est la vigueur de l’aigle qui permet de s’élever dans les airs, libre, libéré. Le psaume 103, qui parle si bien du pardon, explique aussi comment est celui qui pardonne : « Le Seigneur est compatissant et clément, patient et grand par sa fidélité. » Le psalmiste ajoute ce qui semble se retrouver dans la première épître de Paul aux Corinthiens dans la définition de l’amour : « Il n’accuse pas sans cesse. Il ne garde pas rancune pour toujours. Il ne nous traite pas selon nos péchés ; il ne nous rend pas selon nos fautes. »
L’amour de Dieu est donc patient, et même il l’emporte sur la colère. Pourtant, la colère serait légitime, parce que Dieu est sans cesse offensé par nos comportements et nos rébellions. Mais Dieu retient cette colère, enlève la dette, efface l’offense par amour ; il pardonne et éloigne de nous le fardeau de nos fautes, autant que le levant du soleil est éloigné du lieu où il se couche. Sans son pardon, nous sommes morts. Avec son pardon, nous sortons de la mort, de la paralysie, et nous pouvons aller de l’avant. Bien que tourné vers le passé à dépasser, le pardon nous ouvre un avenir à embrasser. Le pardon de Dieu nous permet de vivre, malgré nos limites et notre finitude. Il nous oblige à nous souvenir de celui qui nous l’accorde et sans lequel notre vie serait invivable. Pensons-y aujourd’hui !
Bob Gass