Alors les apôtres réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient le regard fixé vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent : Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. (Actes 1:6-11)
Ce passage peut nous paraître un peu comique. Voici quelque chose que Jésus n’avait jamais fait ! Les disciples ont été témoins de plusieurs miracles : l’eau changée en vin, la marche de Jésus sur l’eau, des guérisons, des résurrections, etc. Mais alors, ça ! Monter dans les airs, il ne l’avait jamais fait. Mettons-nous quelques instants à leur place : Jésus les a déjà quittés une première fois, et ils ne peuvent imaginer que cela se reproduise une seconde fois. « Mais qu’est-ce que cela signifie ? Quel est le sens de ce prodige ? » Il est évident qu’ils attendent un retour immédiat ; ils se disent : « Il va bien redescendre, peut-être même avec quelque chose ! Avec ce Monsieur Saint-Esprit dont il nous a parlé ! » Jésus les a enseignés sur le Royaume après sa résurrection pendant quarante jours, et le voilà qui s’élève devant eux dans les airs. « Maintenant qu’il est ressuscité, comment peut-il encore nous quitter ?! »
Nous ne savons pas combien de temps les disciples ont gardé la tête en l’air ; mais il a fallu que deux anges viennent les déranger et leur faire comprendre que le retour de Jésus ne serait pas immédiat, et que maintenant, c’est à eux de jouer leur rôle. La meilleure manière d’être enseignés est de passer à l’action. Désormais, Jésus ne sera plus là physiquement.
Mais intéressons-nous aux dernières paroles de Jésus avant de quitter ses disciples. Il répond à une question : « Ça n’est pas à vous de connaître les temps et les moments… Mais vous recevrez une puissance et vous serez mes témoins. » Ce qui nous intéresse ici, c’est de savoir que nous avons du boulot. Nous sommes souvent à lever la tête, à attendre qu’il revienne immédiatement, et dans ce cas, à être à la fois passifs et vulnérables. Nous voulons être délivrés et consolés de toutes nos injustices. Nous voulons qu’il revienne et nous ramène à la maison ; et nous faisons aussi beaucoup d’analyses pour savoir quand et comment il reviendra. Il est vrai que Jésus nous exhorte à ouvrir les yeux et à discerner les temps dans lesquels nous vivons, et il est certain que les choses s’accélèrent. Mais l’attente du retour de Jésus ne doit pas nous amener dans la passivité, ni même dans la crainte.
Voici le moyen par lequel il désire que nous l’attendions : recevoir une puissance et être témoins. « Être » témoins est donc un style de vie ; ça n’est pas « faire » du témoignage. Ce sont là les toutes dernières paroles de Jésus, comme les plus importantes recommandations d’un maître qui s’absente pour un temps indéterminé ; et gare au serviteur que le maître trouvera endormi à son retour ! C’est probablement pour cela qu’il nous est commandé de « briller » et « de hâter la venue du Seigneur ». Pas besoin de puissance pour garder la tête en l’air ; mais par contre, nous avons besoin de puissance pour garder les pieds sur terre et faire sa volonté.
Autrement dit, Jésus reviendra quand notre mission sera terminée ; ce qui signifie que chacun d’entre nous doit garder, par la foi, les yeux fixés sur Jésus et sur ses paroles d’envoi. Bonne mission à chacun, aujourd’hui et demain ! L’onction de Dieu est sur toi ! et le Ciel est avec toi ! Fonce !
Jean-Baptiste Lamblin