Pensée

Pourquoi la déception me touche-t-elle tant ? - Walter Zanzen

Rares sont ceux qui n’ont pas eu un jour à gérer une déception. En fait, personne n’y échappe, car elle surgit lorsque les choses ne se passent pas comme on l’avait souhaité. Elle peut être passagère, légère ou très difficile à « digérer ». Ce sera le cas si nous sommes déçus par ceux en qui nous avions totale confiance.

La déception peut aussi être très violente si on est déçu par soi-même, du fait de ne pas avoir su agir ou réagir correctement. À ce moment, la culpabilité s’ajoute à la déception. La Bible relate ce genre de situation. Par exemple, au moment où le disciple Pierre trahit son ami et maître Jésus, dans la cour de Caïphe, il est sous le coup d’une grande pression et de la peur, totalement débordé par ceux qui l’entourent. Pour sortir de ce guêpier, il clame par trois fois ne pas connaître Jésus ! Pierre ne sera pas seulement émotionnellement touché et terriblement culpabilisé par cet acte déplorable, mais il sera moralement tellement abattu au point de vouloir tout laisser tomber.

On imagine que Jésus, de son côté, a été très blessé et déçu au moment du reniement de Pierre. Certes ! Mais Christ savait que Pierre allait le renier ; par ailleurs, il l’en avait même prévenu.

Cependant, l’impact de la déception est tout différent pour Jésus, pour la raison suivante :

Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme. (Jean 2:23-25)

Jésus ne se fiait pas à eux… Car il sait de quoi nous sommes formés, de quoi nous sommes capables ; il connaît aussi ceux qu’il avait choisis personnellement après une nuit de prière. Mais Jésus n’est pas arrêté par cela. Pourquoi ? Parce que sa confiance ne repose QUE sur son Père.

Nous sommes souvent déçus lorsque nous plaçons notre confiance en l’homme ou en nous-mêmes. La personne la plus fiable, la plus intègre, celle qui vous aime, peut un jour vous décevoir.

Si Jésus ne se fie pas aux hommes, il se confie en revanche en son Père et uniquement en lui, lui qui ne le décevra jamais. De ce fait, la déception n’a pas du tout le même impact sur la personne de Christ. Il sait que cela se produira à cause de notre nature déchue. Ce qui est extraordinaire, c’est que, malgré ce constat, le Seigneur continue à compter sur nous, il nous confie un appel, un travail, une mission.

Pour revenir à Pierre, l’évangile de Jean se termine par le récit de sa restauration. Il sera régénéré dans sa vocation, sera puissamment utilisé par Jésus au jour de la Pentecôte et par la suite. Le plan de Dieu réussira malgré les déceptions humaines. Alors, prenez courage !

Walter Zanzen