Enseignement

Jésus et nous

Le Seigneur Jésus-Christ réunit en Lui, par la volonté de Dieu son Père, tout ce qui contribue à notre salut, tout ce qui concerne notre vie présente sur la terre et notre destinée éternelle.

Il est écrit :

Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité.(Colossiens 2:9-10)

La connaissance historique et religieuse de Jésus-Christ ne mène pas loin si elle n’est pas accompagnée d’une foi réelle en sa Personne, dans ses paroles et dans son sacrifice à la croix pour le salut de notre âme.

Il ne suffit pas non plus de rechercher seulement ses bénédictions. Ce qui est le plus important, ce n’est pas ce que nous pouvons recevoir de lui, mais ce qu’il est, Lui, pour nous : découvrir « l’Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Père d’éternité, le Prince de la paix » (Ésaïe 9:6).

Jésus est l’être le plus merveilleux qui puisse exister, et ce qui est essentiel, c’est la réalité de sa proximité avec chacun en particulier : avec nous, près de nous, en nous !

En écrivant ce texte, je pense à ce que j’ai entendu dimanche dernier lors du culte.

Une femme a prié en langue un bon moment ; c’était doux et harmonieux, rempli d’émotion. Après un certain temps, le pasteur a précisé qu’il s’agissait effectivement d’une prière, et il en a donné l’interprétation. Il s’agissait d’une personne qui soupirait après une plus grande communion avec le Seigneur. Il y a eu une réponse qui révélait la nécessité d’ouvrir son cœur afin que cette prière soit exaucée.

Cela me rappelle l’invitation de Jésus exprimée dans le livre de l’Apocalypse :

Me voici debout devant la porte : je frappe. Si quelqu’un est sensible à mon appel et s’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et nous dînerons en tête-à-tête : moi près de lui, et lui près de moi.(Apocalypse 3:20, Parole vivante d’A. Kuen)

Voici le même texte dans une autre version :

Écoute, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je prendrai un repas avec lui et lui avec moi.(Apocalypse 3:20)

Je trouve sublime la demande du Seigneur, merveilleuse de délicatesse et d’amour, exprimant son désir d’une vraie intimité avec son racheté.

Écoute ! Tendre l’oreille, comme lorsque nous guettons l’arrivée d’une personne chère, avec assez de sensibilité pour entendre le bruit de ses pas, puis le son de sa voix qui s’annonce : c’est moi !

C’est la voix de mon bien-aimé, qui frappe ! Ouvre-moi !(Cantique des cantiques 5:2)

Il y a une dimension plus grande que la simple foi en Jésus, plus importante que la reconnaissance pour son sacrifice, plus élevée que la volonté de le suivre et de le servir : c’est le désir profond d’une union personnelle intense avec Lui.

Vivre dans son intimité, le contempler avec émerveillement, l’aimer tendrement et l’adorer !

C’est cet état de vie que Jésus désire partager avec chacun !

En y réfléchissant, nous mesurons l’abîme qui existe entre la foi cérébrale ou religieuse et le sentiment d’amour qui unit au Seigneur Jésus.

Pour connaître la vraie communion avec Jésus, il faut répondre favorablement à sa demande. Lui ouvrir, c’est lui dire oui : entre, Seigneur !

Son appel est spirituel : il s’agit de la voix du Saint-Esprit qui parle à notre cœur. Mais pour l’entendre, il est nécessaire d’y être sensible.

Il ne faut pas que notre foi soit simplement « raisonnable », c’est-à-dire le fruit d’un savoir intellectuel logique, même s’il est fondé sur les textes de la Bible.

La vie va au-delà de la raison ; elle est en nous comme un bouillonnement qui parcourt notre être entier : notre intelligence, nos sentiments et nos émotions, nos membres.

Il en est de même pour ce qui est des choses de Dieu, et surtout de la présence et de l’action du Saint-Esprit en nous. Il touche notre être entier : l’esprit, l’âme et le corps. Il atteint nos facultés intellectuelles, nos sentiments et nos émotions. Il peut même faire frémir et tressaillir notre corps.

Le Saint-Esprit est une réalité dans la vie de chacun de ceux et celles qui ont cru au Seigneur Jésus-Christ de tout leur cœur. Cependant, beaucoup se plaignent d’une espèce de froideur spirituelle, comme s’ils étaient coupés de Dieu, ne ressentant jamais, ou rarement, les manifestations de sa présence en eux.

Un récit de la Bible montre le patriarche Jacob insensible à ce que ses fils lui disaient. Son esprit était endormi. L’homme qui avait lutté avec Dieu et avec des hommes et qui avait été vainqueur, qui avait vu dans sa vie la manifestation de la puissance de Dieu, qui avait reçu de grandes visions pour lui et pour sa descendance, cet homme était devenu froid, comme mort spirituellement. Cependant, à un moment donné, devant l’évidence, son esprit s’est réveillé à la foi.

Ils remontèrent de l’Égypte, et ils arrivèrent dans le pays de Canaan, auprès de Jacob, leur père. Ils lui dirent : Joseph vit encore, et même c’est lui qui gouverne tout le pays d’Égypte. Mais le cœur de Jacob resta froid, parce qu’il ne les croyait pas. Ils lui rapportèrent toutes les paroles que Joseph leur avait dites. Il vit les chars que Joseph avait envoyés pour le transporter. C’est alors que l’esprit de Jacob, leur père, se ranima ; et Israël dit : C’est assez ! Joseph, mon fils, vit encore ! J’irai, et je le verrai avant que je meure. Israël partit, avec tout ce qui lui appartenait. Il arriva à Beer-Schéba, et il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. Dieu parla à Israël dans une vision pendant la nuit, et il dit : Jacob ! Jacob ! Israël répondit : Me voici ! Et Dieu dit : Je suis le Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Égypte, car là je te ferai devenir une grande nation. Moi-même je descendrai avec toi en Égypte, et moi-même je t’en ferai remonter ; et Joseph te fermera les yeux.(Genèse 45:25 – 46:4)

Après que sa sensibilité spirituelle se fut réanimée, Jacob redevint l’homme des visions de Dieu.

Peut-être ressentons-nous une fatigue spirituelle, le découragement, le doute, un sommeil qui fait que nous sommes insensibles et inertes.

Comme pour Jacob, Dieu suscite une personne, un événement, une circonstance, qui réveille notre esprit et le ranime d’une énergie nouvelle.

Mais il faut parfois peu de chose pour que notre esprit se réveille et redevienne sensible aux visions divines. Il suffit que Dieu fasse passer devant nos yeux une nouvelle révélation des chars de sa gloire, de la personne glorieuse de son Fils Jésus-Christ, venu sur la terre comme le Fils de Dieu bienveillant et compatissant, puis victime souffrante à la croix, et enfin revêtu de la lumière éblouissante de son Père.

C’est la mission du Saint-Esprit de nous révéler Jésus, de nous ouvrir les yeux sur la personne du Sauveur et Seigneur de notre vie, afin que non seulement nous croyions en lui pour être sauvés, mais encore que nous l’aimions de tout notre cœur, afin de le laisser entrer dans l’intimité de notre âme pour partager avec nous ses paroles, ses sentiments, sa nature, sa vie, dès ici-bas, comme des prémices de ce qui nous est réservé et préparé dans le ciel.

La communion avec Jésus ne se vit pas de loin ! Il s’agit d’une union intime qui s’établit lorsqu’il entre, lui et nous, par son Esprit.

Pour cela, il est aussi nécessaire de la désirer, de la demander à Dieu par la prière, avec persévérance et confiance, en y ajoutant la lecture de la Parole de Dieu, l’écoute des enseignements de Christ et les encouragements du Saint-Esprit lors de la manifestation de ses dons.

Que Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen !(Éphésiens 3:14-21)

Léopold Guyot, pasteurweb