Enseignement

Pourquoi la souffrance ?

L’athée objecte : « S’il y a un Dieu, il faut qu’il soit bon ; sans cela il ne serait pas Dieu. Comment donc, s’il existe, se fait-il qu’il y ait sur la terre tant de souffrances, tant d’injustices, tant de mal ? » Je remarque d’abord que cette objection suppose dans celui qui la fait l’idée de bonté et de mal, de justice et d’injustice, et je demande : Qui l’a mise dans votre esprit ? Vous admettez qu’il y a une règle souveraine du bien et du mal, du juste et de l’injuste ; qui l’a établie ? — La réponse est, et il ne saurait y en avoir une autre : « C’est celui qui est le souverain bien, la souveraine justice ». Mais, de plus, si l’homme, créature de Dieu, a offensé son créateur, s’il s’est rebellé contre son autorité, s’il a quitté sa position d’être dépendant, s’il s’est séparé de celui qui, pour lui, est la seule source de bonheur, faut-il s’étonner que, comme conséquence de sa faute, il soit assujetti au mal et à la souffrance ? Est-ce que cela infirme l’existence de Dieu ? Et enfin, si Dieu, dans sa compassion infinie, donne à l’homme coupable un moyen de sortir de sa misère et de recouvrer le bonheur, un bonheur infiniment au-dessus de celui qu’il a perdu, Dieu n’est-il pas justifié ? Sera-ce la faute de Dieu si l’homme ne l’accepte pas ? Pourra-t-on faire de l’existence du mal une preuve contre l’existence de Dieu ? Ainsi se trouve écartée l’objection.

Mais l’incrédule continue : « Montrez-moi Dieu, et je croirai en Lui ». Dieu est esprit ; il n’est pas visible par les yeux de la chair ; l’esprit seul peut le saisir quand il se révèle. Ne s’est-il pas révélé dans ses œuvres ? Ai-je besoin de voir l’horloger pour être sûr que la montre que je tiens dans la main a été fabriquée par lui ? De l’œuvre je conclus à l’existence de l’ouvrier sans avoir besoin de le voir.