Un certain père avait un fils intraitable, insubordonné au point de mettre même en danger la vie des membres de la famille. Lorsque toutes les méthodes d’amour, de récompense, de menace et de force eurent échoué, le père décida de l’envoyer dans une maison d’éducation. Il alla donc voir le directeur de l’école, un chrétien affable, et lui fit part de ses soucis.
Le directeur lui dit de l’envoyer à l’école pour y être éduqué, mais ajouta qu’il désirait poser une question avant de faire les arrangements définitifs. « Vous prétendez que vous avez essayé toutes les méthodes, dit-il, et que tous les moyens ont échoué. Eh bien ! J’aimerais savoir si vous avez essayé de prier avec lui ? »
« Non », avoua le père, pris par surprise. « Je n’ai jamais pensé à le faire. »
« Bien, dit le directeur, il vous faut retourner chez vous et prier avec votre fils. Je ne me sens pas libre de le recevoir ici ou d’intervenir dans ce cas avant qu’ait été essayée la puissance de la prière dans sa maison, et en sa présence. »
Le père confessa qu’il ne se sentait pas capable de prier devant sa famille, et qu’il n’avait pas le courage de lire ensemble la Parole. Le directeur lui conseilla de rentrer chez lui, de réunir sa famille à 9 heures ce soir-là, de lire un chapitre de la Bible et de prier avec eux ; à cette même heure, lui et sa femme prieraient pour eux tous, spécialement pour Louis, le fils rebelle.
De retour à la maison, il rapporta à sa femme ce que le directeur avait dit. Elle répondit que depuis longtemps elle pensait qu’ils avaient manqué à leur devoir en cela et pressa son mari à ne pas hésiter davantage, mais à commencer ce soir leur réunion de famille.
Après le dîner, la mère demanda aux enfants de préparer un dessert et Louis fut mis à contribution. C’était un de ses passe-temps favoris et sa mère prévint ainsi sa sortie habituelle. Lorsque ce fut terminé, la mère dit aux enfants de faire leur toilette et de se retrouver à 9 heures au salon.
Une grande Bible fut apportée et posée sur la table et le père, tout ému, confessa aux siens qu’il avait honteusement négligé son devoir et le vrai bien de ses enfants. Il dit son intention de s’engager sur un nouveau chemin pour la bénédiction de sa famille. Il lut alors un chapitre de l’Écriture et s’agenouilla pour prier. Sa femme et ses enfants se mirent à genoux avec lui, à l’exception de Louis. Assis très droit, le visage sombre, l’air mal à l’aise, il jetait de temps à autre un coup d’œil vers la porte, comme s’il méditait de s’enfuir.
Le pauvre père ne put d’abord trouver aucune parole pour exprimer les pensées et les sentiments contradictoires qui se pressaient en lui, mais se rappelant le directeur et sa femme en prières pour eux en ce même moment, sa langue se délia et une fervente prière s’éleva.
Alors qu’il terminait par une supplication touchante en faveur de Louis, son fils égaré, et en demandant que tous puissent soumettre leur volonté rebelle au joug d’amour de Christ, Louis se leva de sa chaise, traversa la pièce, et s’agenouillant au côté de son père, lui jeta les bras autour du cou et sanglota : « Prie, papa ! prie encore ! J’ai essayé de demander à Dieu de purifier mon mauvais cœur, mais il me semblait que je n’arrivais pas jusqu’à lui par moi-même. Maintenant, je sais qu’il m’entendra, si vous êtes tous disposés à prier avec moi. »
Toute la famille se releva, dans une profonde émotion. Les deux filles aînées dirent qu’elles avaient prié en secret et que cette heure était bien la plus heureuse de leur vie. Et Louis était complètement vaincu. Il remit à son père le fusil chargé avec lequel il avait un jour terrorisé sa famille et promit de se soumettre. « Pardonnez-moi, oh ! pardonnez-moi, papa et maman, mes frères et mes sœurs, s’écria-t-il, comme j’ai confiance dans le pardon de Jésus Christ. »
Que ce récit authentique, attestant la puissance de la prière en famille, soit un stimulant pour chaque père de famille chrétienne.