Avec l’aide du Saint-Esprit, et la révélation prophétique, pour tous ceux qui attendent ardemment la venue de Jésus, il est aujourd’hui possible de comprendre la chronologie des derniers évènements prophétiques si nous interprétons correctement la Parole de D.ieu.
Le principal sujet de discorde entre les docteurs de la Parole fut de tout temps ce qui tourne autour des mille ans du règne de Jésus. Chaque interprétation de la Bible, sur la question des mille ans du règne de Jésus, met en lumière la grille d’interprétation de lecture que les théologiens utilisent, et par conséquent, cela détermine de quelle manière nous allons nous positionner dans la foi et l’obéissance à la Parole, pour la venue du règne de Jésus. L’interprétation des mille ans du règne de Jésus, dans les Écritures, est un sujet bien trop important aujourd’hui, pour que nous puissions l’ignorer. Et l’ignorer nous conduit à accepter à notre insu des grilles d’interprétation qui sont bien éloignées de la pensée hébraïque dans laquelle la Bible tout entière a été écrite !
Merci au Seigneur de gloire de nous avoir donné la puissance du Saint-Esprit, pour être capable de recevoir la pensée de D.ieu dans les Écritures au moyen de l’esprit de sagesse et de révélation (Éphésiens 1:17) !
Dans Apocalypse 20, l’apôtre Jean nous parle du Millénium, qui est une période de mille ans où Jésus va régner sur la Terre avec ses élus. Pendant ces mille ans, Satan sera enchaîné et ne pourra plus séduire les nations.
Pour les tenants du mouvement millénariste (que l’on appelle aussi les pré-millénaristes), lorsque le temps des nations arrivera à sa fin, Jésus reviendra sur Terre pour juger les nations. C’est alors que commencera son règne de mille ans, qui est un règne de justice et de paix, après avoir vaincu Satan.
Dans les premiers siècles, cette interprétation des Écritures sur le retour de Jésus a été généralement reconnue par la plupart des Pères de l’Église (voir l’article de Gérald Fruhinsholz dans sa revue Sonnez de la Trompette page 11, qui reprend un extrait de Jean Delumeau sur son ouvrage Une Traversée du millénarisme occidental) : « Parmi les millénaristes chrétiens des premiers siècles on trouve Papias (IIe siècle), évêque de Hiérapolis, Saint Justin (martyrisé à Rome vers 165), Saint Irénée évêque de Lyon (mort en 208). »
Cependant, à partir du 5e siècle, le millénarisme va considérablement reculer. Saint Augustin, grand théologien de l’Église au 5e siècle, y a largement contribué en donnant une interprétation symbolique de l’Apocalypse et en enseignant que les mille ans ont commencé à partir de l’incarnation du Christ (= première venue), et vont durer pendant le « règne spirituel » de l’Église sur Terre. À la fin du règne de l’Église viendra le jugement dernier et la révélation de la Jérusalem céleste. C’est alors que naît l’interprétation a-millénariste. Cela signifie que le Royaume de D.ieu ne viendra pas physiquement sur Terre. Le règne de Christ sur Terre est uniquement spirituel, affirme Saint Augustin. Les deux mille ans de l’Église incarnent donc le millénium. Saint Augustin reprend la doctrine de la substitution d’Origène (et bien d’autres après lui) au deuxième siècle pour réaffirmer que les juifs sont punis d’avoir refusé le Christ et par conséquent sont dispersés sur la surface de la Terre, et l’Église devient le Nouvel Israël, un Israël spirituel en opposition avec l’Israël charnel de « l’Ancien » Testament. Le retour des juifs sur leur terre serait inconcevable pour Saint Augustin, sinon, comme l’affirment les Augustiniens d’aujourd’hui, ce ne serait qu’un accident « épisodique » de l’histoire moderne ! Cette interprétation des Écritures, érigée en doctrine officielle, fit des ravages en justifiant tous les pogroms de l’Occident dans son histoire ! En effet, durant quinze siècles, et aujourd’hui encore, cette fausse interprétation biblique sur le retour de Jésus a influencé considérablement l’Église catholique romaine (qui l’a officiellement adoptée). Au 16e siècle, les Réformateurs n’ont pas remis en question l’interprétation a-millénariste de Saint Augustin, et par conséquent, dans les siècles qui ont suivi, les protestants (Réformés et luthériens) sont devenus a-millénaristes pour la plupart d’entre eux, ainsi que plusieurs églises évangéliques. Cela explique en grande partie pourquoi beaucoup trop de chrétiens manifestent encore aujourd’hui un comportement d’antisémitisme, ou au mieux sont indifférents à l’égard du peuple juif !
Comprenons que Saint Augustin n’a pas échappé à l’influence de la culture grecque de son temps. Une culture qui avait développé au cours des siècles précédents un système de pensée philosophique fondé sur la méthode d’interprétation allégorique. Cette méthode de lecture avait pour principe d’interpréter symboliquement le texte pour le spiritualiser ensuite. Au 5e siècle, dans un empire romain christianisé et constantinien, et par conséquent antisémite, la pensée grecque était bien trop tentante pour éloigner toute « confusion » entre la Nouvelle Religion de l’Empire et la religion rivale et exécrée des juifs. Nous étions donc bien loin de la pensée hébraïque et du texte de Romains 11 de l’apôtre Paul (que d’ailleurs la plupart des Pères de l’Église ont feint d’ignorer ou ont tenté de délégitimer !).
Il faudra attendre le 19e siècle pour que le mouvement millénariste (ou pré-millénariste) réapparaisse avec le prédicateur évangélique John Darby (1800-1882) et avec la parution de la Bible Scofield, sous l’autorité du théologien et pasteur Cyrus Scofield (1843-1921).
Le postmillénarisme s’est aussi développé au cours de l’histoire de l’Église, et a influencé les églises catholiques et celles issues de la Réforme protestante, là où le protestantisme joua le rôle de religion officielle. Cette interprétation des évènements des temps de la fin affirme que Jésus ne reviendra que lorsque l’Église aura établi le Royaume de D.ieu sur Terre. Le monde, en devenant meilleur, amènera le retour de Jésus sur Terre. Cette interprétation, régie elle aussi en doctrine, a beaucoup influencé l’Église catholique romaine dans l’histoire, et depuis Constantin au 4e siècle, elle a souvent justifié sa visibilité et son influence auprès des gouvernements et dans le monde de l’éducation. Elle a aussi beaucoup encouragé les oeuvres de charité comme moyen pour amener les âmes à Christ. Comme pour le mouvement a-millénariste, le postmillénarisme a adopté la théorie de la substitution, où l’Église a remplacé Israël ! Les a-millénaristes croient qu’il y aura un Enlèvement afin de vivre le Royaume au Ciel, alors que les post-millénaristes ignorent l’Enlèvement car si l’Église amène le Royaume sur Terre, pourquoi y aurait-il un Enlèvement ?
Cependant, si nous revenons au temps de Jésus, nous voyons que les disciples étaient tous millénaristes car de leur temps, tout Israël attendait l’avènement du Messie en gloire, qui devait venir sur Terre et régner sur toutes les nations, à partir de Jérusalem comme les prophètes Ésaïe, Ézéchiel, Daniel, Zacharie et bien d’autres encore l’avaient prophétisé. L’attente d’un règne messianique sur la Terre était fortement ancrée dans la pensée juive, au temps des disciples. Et à leur question « Seigneur, est-ce en ce temps-là que tu rétabliras le royaume d’Israël ? » (Actes 1:6), Jésus leur répond de quelle manière il reviendra, soudainement et dans toute sa gloire sur Terre, mais il leur laisse entendre que son royaume mettra un « certain temps » à venir. Enfin, lorsque Israël est ressuscité en 1948, tous les « millénaristes » (ou pré-millénaristes) se sont beaucoup réjouis, car la rédemption d’Israël et le retour des juifs sur Terre était le signe prophétique magistral qui annonçait la proximité du retour de Jésus en gloire, pour venir régner sur les nations pendant mille ans !
Attention à l’attitude des croyants à l’égard d’Israël ! Pour les croyants qui adoptent l’interprétation a-millénariste des Écritures, il y a pour eux aujourd’hui un véritable danger ! Si nous adoptons cette interprétation des Écritures, cela signifie que nous analysons la Bible et toutes les promesses de D.ieu envers les patriarches et envers Israël uniquement sous une approche allégorique et donc symbolique ! Et nous devons considérer que D.ieu a définitivement rompu ses alliances, ses promesses envers Israël, qui est désormais privé de son appel et de sa destinée ! Et la venue du Royaume du Messie d’Israël sur la Terre n’est qu’une lecture symbolique et abstraite, qui en fait ne s’adresse qu’à l’Église !
Si nous entrons dans un tel raisonnement, ayons le courage d’affirmer que le plan de D.ieu et ses promesses, dans l’histoire des hommes, a tragiquement échoué ! Car comment alors témoigner de la réalité de la Seigneurie de Jésus en faveur de ce monde perdu, une seigneurie qui vient percuter l’Histoire des nations afin de les transformer à sa gloire, alors que nous ne serions que les témoins d’un royaume purement spirituel ! Le Premier Testament devient inutile ! Il devient trop « ancien » et désormais dépassé pour que je tente de le comprendre !
Comprenons bien ceci : D.ieu a été patient envers les nations, pendant exactement 70 ans depuis la Shoah ! Nous, Église des Nations, nous sommes-nous repentis pour y avoir indirectement participé ? Oui, certainement, mais seulement une partie de l’Église a compris alors son rôle et sa responsabilité auprès d’Israël ! Mais désormais, en entrant dans le Jubilé de Jérusalem, depuis le Jour du Grand Pardon de septembre dernier (Yom Kippour du 23 septembre 2015), il n’y a plus de temps ! Le Seigneur va désormais abandonner une partie de son Église dans une forme de prostitution spirituelle, liée à l’esprit de Babylone. Mais auparavant, il va libérer ceux qui, en son sein, lui sont profondément attachés, pour que l’on voie la différence entre la lumière et les ténèbres, entre ce qui est de D.ieu et ce qui ne l’est pas !
Ces dernières décennies, beaucoup de « relectures » prophétiques ont été faites par les docteurs et les prophètes pour inviter les églises à se repentir de la théorie de la substitution, et de son antisémitisme (ou antisionisme) qui le sous-tend, avec en arrière-fond une fausse lecture des Écritures, d’influence constantinienne et allégorique. En fait, à notre insu et par ignorance, nous nous sommes trop souvent tus lorsqu’il fallait réagir, face à tous les tenants de ces mouvements a-millénaristes ou post-millénaristes. Il est vrai que beaucoup, par ignorance, participent à ce mouvement invisible qui bientôt posera les fondations de la fausse Église de la fin des temps.
Conclusion
Car en effet, et nous pouvons désormais l’affirmer aujourd’hui (ce fut hélas vrai durant toute l’histoire de l’Église) : le principe d’une fausse interprétation des Écritures est toujours lié à la théorie de la substitution, qui elle-même fait partie de l’un des deux courants théologiques a-millénaristes et post-millénaristes. Ce sont en fait deux grilles de lecture identiques, mais l’une spiritualise le Royaume, alors que l’autre l’incarne dans le monde. Cependant, ces deux interprétations du Royaume pourront se rejoindre car leur source « grecque » y est identique. Dans un avenir proche, érigées en doctrine, ces deux interprétations se lieront ensemble, dans un « faux » mouvement d’unité, pour poser le fondement de la fausse Église babylonienne, la grande prostituée de la fin des temps, celle qui sera ivre du sang des martyrs ! Oui, l’enjeu est grave pour une partie de l’Église qui, à son insu, est déjà largement entrée dans cette fausse lecture de la Bible, mais peut encore affirmer sa foi dans la lecture « hébraïque » de la Bible ! Il est urgent de se positionner, mais pour combien de temps encore !?
Pierre-Daniel MARTIN
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