Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : la paix soit avec vous ! (Jean 20:26)
Les portes demeuraient toujours fermées. Pourquoi Jean insiste-t-il sur ce fait chaque fois qu’il relate une rencontre de Jésus et de ses disciples après la résurrection ? Chaque fois qu’il vient chez eux, ils se cachent derrière des portes barricadées, craignant toujours pour leur sécurité. Leur politique des portes fermées était symbolique de leur condition de vie. Ils restaient encore fermés aux idées que Jésus leur avait données et à la puissance qu’il leur procurerait pour les aider à saisir avec courage l’occasion de s’unir à lui pour changer le monde et pour affronter les menaces qui pesaient sur eux depuis l’arrestation de leur maître...
Celui qui a déclaré : « Je suis la porte » avait fort à faire pour les amener à découvrir que la résurrection représentait une porte ouverte qui leur permettait de jouir de la vie éternelle et de mener une vie triomphante dans le présent, face aux menaces. Paul s’est dirigé résolument vers les contrées non évangélisées, car il savait que Dieu voulait que tous les hommes entendent l’Évangile. Il savait par ailleurs que Dieu ouvrirait les portes des circonstances. Il avait l’assurance d’un homme contemporain qui s’avance résolument vers une porte électrique, sachant que l’œil électrique en déclenchera l’ouverture. De même, Paul savait que s’il avançait avec courage, Dieu lui ouvrirait les portes.
Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui possède les clés du Royaume, a confié à son peuple celles qui sont destinées à ouvrir les vies humaines. Tout comme Jésus assura à Pierre qu’il lui donnerait les clés du royaume, Il nous assure qu’elles sont aussi à notre disposition afin d’ouvrir les portes de la foi dans la vie des incroyants. Les clés s’appellent connaître les lois d’amour du Royaume, c’est écouter avec humilité, partager dans l’honnêteté, porter les fardeaux des uns et des autres, communiquer clairement l’Évangile, aider les autres pour qu’ils croissent dans une vie de foi et entrent dans la vie de l’Esprit de Dieu : ce sont là autant de clés remises entre nos mains.
Quelle responsabilité impressionnante nous a été confiée ! Au début de ce nouveau millénaire, face à la haine, la violence, le mensonge, que fait l’Église de ces clés ? Par nos diverses rencontres entre chrétiens d’Églises diverses, au niveau local, tissons ensemble un vaste filet pour partager notre foi et notre espérance du Royaume de Dieu ; nous voulons utiliser ces clés et pousser les portes qui parfois nous enferment et, pensant nous protéger, nous éloignent des bénédictions de Dieu. Vivre notre foi aujourd’hui, c’est vivre au-delà de nos peurs, c’est dépasser nos jugements pour marcher avec Christ, et ensemble, nos regards fixés sur l’horizon attendant se lever une aube nouvelle.
Telle est la tâche que Jésus nous confie, car il nous a donné un consolateur qui nous soutient dans notre foi, et nous revêt de hardiesse : le Saint-Esprit. Ainsi, Jésus manifeste qu’Il est vivant au milieu de nous, et si nous persévérons, Jésus place devant nous une porte que nul ne peut fermer (Apocalypse 3) ! Quelle victoire !
Pierre-Daniel Martin
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