Enseignement

Musique et louange dans l’église - Marc Direlewanger

Qu’est-ce que la louange ? Quelle place donner à la musique dans l’église ? Que penser des diverses controverses musicales ? Le présent article propose quelques réflexions bibliques sur ces différents sujets.

Le terme ‘louange’

Par ce terme, on désigne souvent un moment de chant. Cet usage n’est pas faux, mais il est réducteur. En effet :

Lorsqu’on loue Dieu, on proclame la grandeur de sa personne, on parle de son caractère, des choses qu’il a faites (la création, notre salut, ses promesses, etc.). Comme le dit le dictionnaire, on le déclare digne d’admiration, de très grande estime, on l’honore de cette manière.

Notre définition de la louange s’élargit encore quand on considère que celle-ci n’est qu’un sacrifice parmi d’autres. En effet, la Bible nous commande d’offrir en sacrifice à Dieu :

Quelle place donner à la louange dans l’église ?

Pour certains, la louange par le chant et la prière doit être le centre du culte. Pour d’autres, c’est la prédication qui a ce rôle central. Dans ce dernier cas, le chant n’a souvent plus qu’un rôle de “liant” entre les différentes parties du culte.

Signalons au passage que ce dernier n’est pas seulement la rencontre d’église que nous avons le dimanche matin. En grec, les mots latreia (nom) et latreuo (verbe) désignent en même temps le service des sacrificateurs (Hébreux 9:1,6), le don de nos corps en sacrifice (Romains 12:1) et les œuvres que nous pouvons faire pour Dieu (Jean 16:2).

Pour revenir à l’église, l’enseignement biblique est important. Si d’autres activités prennent sa place, comment l’église pourra-t-elle croître spirituellement (Éphésiens 4:11-16) ? Par exemple, si la majorité des membres participe à la louange, mais qu’une minorité seulement reçoit des enseignements, il y a un danger. En effet, c’est par la prédication que nous apprenons à connaître Dieu. Comment louer Dieu sans savoir qui il est et ce qu’il a fait pour nous ?

De plus, Dieu ne conçoit pas la louange sans une vie d’obéissance (Amos 5:23-24). Il est même dit que « l’obéissance vaut mieux que le sacrifice » (1 Samuel 15:22) ! La louange, tout comme l’obéissance, se nourrissent donc de la prédication, laquelle doit procurer un enseignement solide et fondé bibliquement.

Cela dit, ne laisser au chant et à la louange des lèvres que le seul rôle de “liant”, c’est négliger la place que la Parole elle-même leur donne. Bien des passages bibliques montrent la place de la louange et de la musique :

Enfin, la louange durera éternellement, alors que nous n’aurons plus besoin d’enseignement au ciel !

Il est donc important d’équilibrer temps de louange et temps de prédication dans l’église.

Quelle forme musicale ?

Actuellement, on trouve beaucoup de diversité dans ce domaine : chant a cappella, chant à quatre voix, accompagnement au piano, par un groupe musical plus important, danses, bannières et d’autres choses encore.

La diversité musicale et formelle est également présente dans la Bible :

Il est donc malvenu d’établir de strictes normes formelles. Ne menons pas un faux combat en dépensant de l’énergie pour une cause que la Bible ne défend pas.

Par contre, maintenons quelques principes généraux :

Quelle place donner aux instruments de musique ?

La Bible mentionne les instruments à plusieurs reprises. Citons par exemple :

Il est donc tout à fait légitime d’en utiliser pour accompagner nos chants et notre louange.

Cela dit, le Nouveau Testament lie nettement la musique à la parole :

Les paroles doivent donc avoir la prééminence sur la musique. Évitons donc que la musique couvre les paroles et le chant de la communauté. Non seulement il est désagréable de ne plus s’entendre chanter, mais, à long terme, l’assemblée peut devenir passive et ne plus chanter du tout.

Qui chante dans l’église ?

Dans l’histoire de l’Église, on a oscillé entre le chant d’une élite musicienne et celui de l’assemblée toute entière. Le Nouveau Testament donne une plus grande place au chant de l’ensemble de la communauté. Par exemple :

Prenons donc garde à ne pas imposer à l’église des chants trop difficiles techniquement. Tous les membres ne sont pas forcément musiciens professionnels ! D’autre part, veillons à ce que les nouveaux venus dans l’église puissent participer au chant sans trop de difficulté. Mais attention : un chant inconnu est forcément difficile au départ, puisqu’il nécessite un effort d’apprentissage !

Chants traditionnels ? Chants nouveaux ?

Dans ce domaine également, l’équilibre est de mise. D’une part, évitons la “canonisation” d’un certain répertoire de chants. Seule la Bible est inspirée et aucun répertoire, aussi spirituel soit-il, n’est indispensable.

De plus, la Bible nous encourage plusieurs fois à chanter un chant nouveau (Psaumes 96:1 ; Ésaïe 42:10). À l’image de David, les musiciens chrétiens contemporains peuvent s’encourager à composer des chants à la louange de Dieu et pour l’instruction spirituelle de l’Église. C’est un moyen puissant d’encourager, de stimuler la foi … et de louer Dieu ! Enfin, le langage musical et le langage parlé changent avec le temps. En étant trop conservateurs dans ce domaine, nous courons le risque de créer des tensions dans l’église. Cela peut même mener à un “retour de balancier” : l’ancien répertoire sera brusquement écarté au profit de chants les plus neufs possibles.

D’autre part, ne chanter que les chants les plus récents comporte les dangers de tomber dans un esprit de consommation et de créer des tensions entre les différentes générations. S’il est bon d’apprendre des chants nouveaux, ne rejetons pas le passé et tout ce qu’il a à nous apprendre. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil !

Dans l’église devraient donc coexister plusieurs styles de chants, anciens et nouveaux.

L’importance des paroles

Pour terminer, j’aimerais insister sur l’importance du contenu des chants, de leurs paroles. Combien de chants aux paroles contestables sont chantés soit par tradition, soit par amour de la nouveauté ou d’une musique qui plaît ! Faisons donc preuve de discernement dans ce domaine, au-delà des querelles formelles, musicales et poétiques.

Que les paroles de nos chants puissent glorifier notre Dieu, nous instruire, nous fortifier et nous encourager, dans la ligne de ce que la Bible nous révèle.

« L’Éternel est ma force et mon bouclier ; en lui mon cœur se confie, et je suis secouru ; j’ai de l’allégresse dans le cœur, et je le loue par mes chants. »

(Psaumes 28:7)

Marc Direlewanger