Qu’est-ce que l’homme... pour que tu le visites tous les matins, pour que tu l’éprouves à tous les instants ? N’est-ce pas une révélation étonnante, le fait que Dieu nous visite tous les matins et nous éprouve à tous les instants ? Quand j’ai réalisé cela pour la première fois, je me suis demandé : suis-je préparé à recevoir une visite de la part de Dieu chaque matin ? Est-ce que je me réveille dans cette attente ? Puis je me suis demandé : pourquoi Dieu nous met-il à l’épreuve ? Quel est son but ?
Le dictionnaire anglais (Collins) nous donne une définition intéressante du mot éprouver : évaluer, juger de la valeur d’une personne en la soumettant à certains examens. Dieu ne nous met pas à l’épreuve parce qu’il est fâché contre nous, ou parce qu’il veut nous rabaisser. Au contraire, l’épreuve est une marque de la faveur de Dieu. Il nous teste parce qu’il veut nous évaluer.
Un joaillier soumettra l’or et l’argent à certains tests. S’il le fait, c’est parce que ces métaux ont de la valeur. Il ne prend pas la peine de tester des métaux vils comme le fer et le laiton.
Parmi les patriarches, il y eut un homme d’une justice remarquable. Son nom était Job. Dieu était fier de lui. En fait, il s’en venta même devant Satan :
As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre, c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal.
La réponse de Satan, très caractéristique, fut d’attribuer à Job des motifs égoïstes : « S’il te sert, c’est seulement à cause de ce qu’il reçoit de toi. »
Suite à quoi, Dieu permit à Satan de mettre Job à l’épreuve. D’abord, il lui permit de détruire tout ce qui appartenait à Job : ses possessions, ses serviteurs et ses enfants. Dieu permit ensuite à Satan de toucher au corps de Job, de l’affliger d’un ulcère malin de la tête aux pieds, mais il ne permit pas à Satan d’atteindre à la vie de Job.
Job discerna que Dieu le mettait à l’épreuve : « Quand il m’aura éprouvé, je sortirai pur comme l’or » (version anglaise), c’est-à-dire l’or qui est passé par le feu. Cela lui donna la force d’endurer. Dans l’agonie de son âme, il alla jusqu’à pousser des cris, mais il « n’abandonna jamais la partie ».
D’une façon très typique, Éliphaz et les deux autres amis de Job conclurent que les souffrances de Job étaient causées par ses péchés, et ils l’accusèrent de choses terribles. Pourtant, à la fin, Dieu prit le parti de Job et réprimanda ses amis. Il dit à Éliphaz : « Vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. »
Abraham fut un autre juste qui passa à travers de sévères épreuves, même jusqu’au point de devoir offrir à Dieu son fils en holocauste. Abraham fut soumis à des tests sortant de l’ordinaire parce qu’il avait une destinée qui sortait de l’ordinaire : devenir le père du peuple choisi de Dieu, tant juif que chrétien. Dieu utilise des épreuves particulières pour ceux qui ont un appel particulier.
Le Nouveau Testament nous avertit clairement qu’en tant que chrétiens, nous devons nous attendre à passer par des épreuves. Pierre compare notre foi à l’or, l’authenticité de cette foi devant être testée par le feu.
Jacques nous dit que notre réaction face à l’épreuve devrait être la joie :
Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience (endurance). Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien.
Plusieurs fois, Ruth et moi avons dû nous repentir et demander à Dieu pardon parce que nous n’avions pas bien réagi face à certaines épreuves : nous ne les avions pas regardées comme un sujet de joie !
Plus loin, Jacques prend Job comme exemple de l’attitude que nous devrions avoir face à l’épreuve :
Vous avez entendu parler de la patience de Job et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion.
Mis à l’épreuve ou châtié ?
Distinguer entre l’épreuve et le châtiment divins est d’une importance vitale. Beaucoup de personnes s’imaginent que, parce qu’elles sont chrétiennes, le châtiment de Dieu ne s’applique pas à elles, et d’autant plus si elles sont chrétiennes depuis longtemps. Cette attitude n’est pourtant pas basée sur les Écritures. À de tels croyants, l’épître aux Hébreux adresse une mise en garde très sérieuse :
Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : « Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ; car le Seigneur châtie tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. » Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? Mais, si vous êtes exempts du châtiment, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.
À ce sujet, Dieu ramena à ma mémoire comment il s’y prit avec Moïse. Moïse avait 80 ans quand Dieu le chargea de retourner en Égypte et de délivrer Israël de l’esclavage. Pourtant, alors que Moïse était en route vers l’Égypte, l’Éternel l’approcha et chercha à le faire mourir.
Pourquoi ? À cause de sa désobéissance. Moïse n’avait pas été fidèle à l’alliance de la circoncision que Dieu avait faite avec Abraham et ses descendants. C’est seulement lorsque Moïse se repentira et qu’il circoncira son fils que le Seigneur épargnera sa vie et lui permettra de continuer son chemin. Dieu aurait préféré tuer Moïse, plutôt que de le laisser continuer à accomplir sa mission tout en étant dans la désobéissance. La position de leader de Moïse ne l’exemptait pas de la discipline divine ; au contraire, il était d’autant plus responsable devant Dieu.
Pour moi, qui ai 82 ans, il y a ici une leçon personnelle. Je ne peux pas m’attendre à pouvoir terminer la tâche à laquelle Dieu m’a appelé, si je me permets d’être désobéissant dans un domaine quelconque de ma vie.
Lorsque nous faisons face à des difficultés permises par Dieu, il nous faut nous humilier sous sa main et prier la prière de David :
Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! (Psaumes 139:23-24)
Si, sincèrement, nous permettons au Seigneur de sonder nos cœurs et qu’il ne mette pas le doigt sur quelque chose de précis qui lui serait en offense, alors, nous pouvons en conclure que nous sommes testés par lui, et non pas châtiés.
Ce que Dieu révèle déterminera la façon par laquelle nous devons nous comporter : notre attitude face au châtiment doit être la repentance, notre attitude face à l’épreuve doit être d’endurer. Mais, si nous persistons à endurer alors que nous devrions nous repentir, nous sommes coupables d’entêtement et d’un manque de sensibilité envers lui.
Que recherche Dieu ?
La question fondamentale du péché et de la justice apparaît clairement lorsque Satan tenta Adam et Ève. Son nom en grec, diabolos (en français diable), signifie le calomniateur. Calomnier quelqu’un signifie porter atteinte à son caractère. C’est ici l’activité principale de Satan.
Premièrement et essentiellement, Satan porte atteinte au caractère de Dieu. D’où la première question posée à Ève : « Dieu a-t-il réellement dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » Satan sous-entendait que Dieu était un despote, arbitraire, injuste, sans amour. Il suggérait que Dieu voulait garder Adam et Ève en dehors d’un « niveau plus élevé » de connaissance, qui leur serait révélée s’ils goûtaient au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le but de Satan était d’amoindrir leur confiance en la bonté de Dieu alors qu’en fait, Dieu leur avait déjà donné tout ce qu’il y avait de bon, de beau et de merveilleux.
Du doute quant à la bonté de Dieu, Adam et Ève passèrent à l’incrédulité quant à sa parole, puis à l’acte de désobéissance. Leur chute se fit en trois étapes : manque de confiance, incrédulité et désobéissance.
Par la foi en Christ, Dieu pourvoit une Rédemption qui renverse le processus de dégradation qui prit place à la chute. Par cette Rédemption, l’incrédulité est remplacée par la foi, la désobéissance par l’obéissance, et le doute par la confiance. En premier lieu, la foi conduit à l’obéissance. Mais le processus n’est pas complet tant que la foi n’est pas transformée en confiance.
Quelle est la différence entre la foi et la confiance ? Une réponse pas très théologique serait : la foi est un acte, la confiance est une attitude. (C’est Smith Wigglesworth qui soulignait toujours que la foi était un acte.)
Le Psaume 37:5 nous montre cette différence entre la foi qui est un acte, et la confiance, une attitude :
Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance, et il agira. (Psaumes 37:5)
Recommande décrit un acte de foi isolé. Mets en lui ta confiance décrit une attitude constante qui fait suite à ce premier acte. Après cela, c’est la part de Dieu : Il le fera.
Une simple illustration serait celle d’aller placer vos économies sur un « Compte Épargne » à la banque. Vous déposez votre argent au guichet et on vous donne un reçu. Voilà ce qu’est recommander.
Une fois cela fait, vous ne passez pas des nuits blanches en vous demandant : est-ce que la banque va vraiment prendre soin de mon argent ? Va-t-on vraiment me verser les intérêts qui me reviennent ? Non, vous mettez votre reçu à sa place et vous dormez sur vos deux oreilles. Voilà ce qu’est la confiance.
Nombreux sont les chrétiens qui font un premier pas par un acte de foi, mais ils ne maintiennent pas une attitude de confiance. N’est-il pas étrange qu’il nous soit plus facile de faire confiance à une banque de ce monde plutôt qu’à notre Père céleste !
Le but premier des épreuves divines est de produire en nous la confiance. Ce fut vrai de Job. Au milieu de toutes ses tribulations, il s’écria : « Voici, qu’il me tue, j’espérerai en lui ! » (version Darby)
Cette attitude d’espérance ferme en Dieu rendit Job capable de voir plus loin que les choses de ce temps, pour saisir quelque chose de l’éternité et de la résurrection :
Mais je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront et non ceux d’un autre : mon âme languit d’attente au dedans de moi.
Pourquoi la confiance est-elle si importante ? Parce qu’elle révèle notre estimation du caractère de Dieu. Quand Adam et Ève cédèrent à la tentation, leurs actes parlèrent plus fort qu’aucune parole qu’ils auraient pu prononcer ; ils disaient ainsi : « Dieu n’est ni juste ni aimant. La façon dont il nous traite n’est pas juste, on ne peut pas lui faire confiance. »
Le salut de nos péchés n’est pas rendu complet tant qu’il n’a pas entièrement détruit les conséquences de la chute, et produit en nous cette qualité de ferme assurance en Dieu, cette hardiesse dans notre confiance envers lui. Il se peut que nous ayons à passer par de nombreuses épreuves. Il est important de ne jamais perdre de vue le but divin final : produire en nous cette assurance inébranlable, cette hardiesse, cette confiance totale en un Dieu complètement digne de confiance.
Jésus lui-même nous a donné l’exemple suprême de cette confiance. Pour accomplir le plan du Père, il fut mis à la merci d’hommes méchants, cruels et impies. Ils le ridiculisèrent, crachèrent sur lui, le flagellèrent, le mirent à nu et le clouèrent sur une croix. Il s’écria alors : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Pourtant, au milieu de tout cela, il n’abandonna jamais sa confiance en la fidélité de son Père, et avec son dernier souffle, il lui remit son esprit.
Comment réagissons-nous si nous crions à Dieu et qu’il ne semble pas nous répondre ? Pouvons-nous encore nous confier pleinement en sa fidélité ?
Souvenez-vous, le plus important aux yeux de Dieu n’est pas ce que nous accomplissons mais d’abord ce que nous sommes, notre caractère. Ce que nous accomplissons a seulement une valeur pour ce temps présent, mais le caractère est éternel. Il détermine ce que nous serons pour l’éternité.
Dieu ne permettra pas que nous soyons éprouvés au-delà de ce que nous pouvons supporter. Il ne nous demandera pas de passer par où Jésus est passé, peut-être pas même par où Job est passé ! Chacune de nos épreuves est destinée à former notre caractère, jusqu’à ce que nous soyons devenus tout ce que Dieu a prévu que nous soyons.
Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment.
Derek Prince