Enseignement

Le premier martyr

Ce mot « martyr », veut dire « témoin ». Le Seigneur Jésus est appelé le témoin fidèle et véritable (Apocalypse 3:14), parce qu’il a rendu témoignage à Dieu fidèlement et selon la vérité, quand il était sur la terre ; tous les chrétiens, jeunes ou vieux, sont appelés à être des témoins pour Christ, en confessant son nom et en le servant fidèlement ; mais le nom de « martyr » est réservé à ceux qui, par amour pour Christ et par fidélité à son nom, ont enduré des souffrances et même la mort. Et la liste en est nombreuse.

Satan, le grand ennemi de Dieu et de Christ et des hommes, est toujours actif pour faire le mal. Les deux moyens qu’il emploie dans ce but, c’est la ruse ou le mensonge, et la violence. Il est menteur et meurtrier dès le commencement (Jean 8:44), et il trouve le méchant cœur des hommes toujours prêt à accomplir ses desseins. Nous avons déjà vu que les apôtres avaient été mis en prison et battus pour le nom de Jésus, et comment Satan chercha à introduire le péché dans l’Assemblée, en séduisant Ananias et Sapphira. Maintenant, nous avons à voir ce que le Saint Esprit nous rapporte de celui qui, le premier, donna sa vie pour le Seigneur Jésus.

C’était Étienne, l’un des sept hommes choisis pour veiller à la distribution des aumônes aux pauvres de l’Assemblée. Il était plein de foi et de l’Esprit Saint, rempli de grâce et de puissance. Il ne se contentait pas de servir les pauvres aux tables, mais accomplissait parmi le peuple des prodiges et de grands miracles, et, le cœur rempli d’amour pour Jésus et pour les âmes des pécheurs, il annonçait l’Évangile. Ainsi la parole de Dieu était reçue et crue par bien des personnes, le nombre des disciples augmentait beaucoup, et même un grand nombre de sacrificateurs étaient convertis. Et c’est là ce qui excita la rage de Satan, qui se servit des Juifs incrédules pour chercher à faire mourir Étienne, comme autrefois ils avaient fait mourir le Seigneur Jésus.

Certains de ces Juifs se mirent à contredire Étienne qui cherchait à amener les âmes à Christ. Mais le fidèle témoin du Seigneur parlait avec une sagesse divine et non avec des raisonnements humains ; l’Esprit Saint dont il était rempli lui enseignait ce qu’il devait dire. Et qui peut résister à la sagesse et à l’Esprit de Dieu ? Personne ; aussi ses adversaires, confondus par ses paroles, se jetèrent sur lui, l’entraînèrent devant le sanhédrin, la grande assemblée des chefs du peuple, et là suscitèrent contre lui de faux témoins qui l’accusaient d’avoir blasphémé contre Dieu et contre Moïse. On avait fait ainsi pour Jésus, qui avait dit : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », car tout disciple accompli sera comme son Maître (Luc 6:40).

Étienne était là, devant cette assemblée imposante qui avait les yeux arrêtés sur lui. Mais l’Esprit Saint remplissait son cœur de pensées célestes. L’éclat des choses divines se reflétait sur son visage, de telle sorte qu’il semblait à ses adversaires voir le visage d’un ange, et c’était bien, en effet, un ange que Dieu plaçait au milieu d’eux pour leur apporter un dernier message (*).

(*) Ange veut dire messager.

Le souverain sacrificateur l’interrogea, en lui demandant si les accusations portées contre lui étaient vraies. Mais le serviteur de Dieu ne pense pas à lui-même ; il pense à la gloire du Seigneur et au bien des âmes. Étienne n’essaya pas même de se défendre et de repousser les accusations de ses ennemis. Il rappela aux Juifs leur histoire depuis le moment où Dieu, le Dieu de gloire, choisit et appela Abraham, leur père. Il plaça devant eux la suite des grâces que Dieu leur avait faites et leurs rébellions constantes contre un Dieu si patient et si bon, et il termina en leur disant : « Vous êtes tels que vos pères ; vous résistez toujours à l’Esprit Saint. Vos pères ont persécuté et tué les prophètes qui avaient prédit la venue du Juste, et vous, vous l’avez livré et mis à mort. Dieu vous avait donné sa loi et vous ne l’avez pas gardée ».

Étienne allait peut-être ajouter à son discours quelques paroles pour les engager à se repentir, mais eux, au lieu d’être touchés de componction, comme ceux qui avaient entendu Pierre le jour de la Pentecôte, résistèrent encore une fois au Saint Esprit. En entendant les paroles du serviteur de Christ, ils frémissaient de rage, et grinçaient les dents contre lui. Quelle chose terrible, quand le cœur se révolte contre Dieu ! Triste tableau que cette fureur qui se peint sur des visages d’hommes, et quel contraste avec ce qui suit. Le Seigneur, dans sa grâce, voulut qu’un dernier et solennel témoignage fût rendu devant les chefs du peuple, et en même temps que son fidèle témoin fût puissamment soutenu dans sa lutte suprême contre ses adversaires. Étienne, rempli de l’Esprit Saint et des pensées du ciel où était son Sauveur bien-aimé, avait les yeux fixés en haut. Et tout d’un coup, Dieu lui ouvre le ciel. Il voit la gloire de Dieu, et, à la droite de Dieu, Jésus lui-même. Étienne ne peut retenir pour lui ce qui fait déborder son cœur ; il faut qu’il rende témoignage, non plus à ce qu’il croit, mais à ce qu’il voit, c’est-à-dire à la gloire de Christ. Il s’écrie : « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ». Ce qui a toujours soutenu les martyrs, tous ceux qui ont souffert pour Christ, ce qui seul soutient le chrétien, c’est la contemplation du Sauveur dans sa gloire.

C’était pour les Juifs le suprême appel. Jésus était debout, prêt à venir pour eux, s’ils avaient cru. Mais leurs cœurs s’endurcirent ; ils bouchèrent leurs oreilles pour ne point entendre la voix du serviteur de Dieu. Tous, d’un commun accord, se précipitèrent sur lui ; aucun n’éleva la voix en sa faveur, et ils le poussèrent hors de la ville. Là, ils le lapidèrent, c’est-à-dire l’accablèrent à coups de pierres jusqu’à la mort, pour faire disparaître ce témoin qui avait fait reluire devant eux la lumière divine. Ceux qui le lapidaient mirent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul. À quel terrible jugement ce pauvre peuple juif s’exposait ! C’est une chose effrayante de rejeter le Seigneur Jésus et de tomber ensuite entre les mains du Dieu vivant ! (Lire Hébreux 10:28-31).

Que faisait le premier martyr, tandis que les lourdes pierres venaient meurtrir ses membres ? Se plaignait-il, accusait-il ses bourreaux, demandait-il vengeance ? Non. Il venait de contempler Jésus, et il était transformé à son image. La pensée de Jésus remplissait tout son cœur, et il Lui remettait son esprit. Mais en pensant à Jésus et à ceux qui le lapidaient, il se rappelle ce qu’avait fait Jésus, quand on le clouait sur la croix. Cet adorable Sauveur avait dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Et Étienne se soulève sous la grêle de pierres, et, malgré les douleurs que lui causent ses membres brisés, il se met à genoux, et, à l’exemple de son divin Maître, il crie à haute voix — tous entendant ce dernier témoignage d’amour : « Seigneur, ne leur impute point ce péché ». Ses dernières paroles sont des paroles de grâce. Oh ! comme il ressemblait à son Sauveur, quelle communion de pensées avec Jésus ! Demandons au Seigneur que nous puissions le connaître toujours mieux, vivre toujours plus près de Lui, et ainsi Lui ressembler toujours davantage en fidélité, en amour et en grâce.

Après ces paroles, le premier martyr s’endormit. Quel doux repos après ses souffrances ! Son esprit alla auprès de Jésus, et son corps, que des hommes pieux enlevèrent et ensevelirent, attend dans le sépulcre le moment où Jésus viendra, et où, à sa voix, les morts en Christ ressusciteront. Serons-nous tous du nombre des bienheureux témoins de Christ, qui iront à sa rencontre dans les nuées en l’air quand il viendra ? Nous n’aurons pas sans doute à mourir lapidés comme Étienne, mais tous nous sommes appelés à être les serviteurs du Seigneur. Si nous voulons régner avec Lui, il faut le servir et souffrir pour Lui.