Le Nouveau Testament nous raconte l’histoire de Celui qui vint du ciel sur la terre et fut ici-bas d’abord un petit enfant dans la faiblesse et la pauvreté, puis un homme rempli de grâce et de bonté, faisant du bien à tous, mais qui fut méconnu, méprisé, rejeté, accablé d’opprobre, et enfin cloué sur une croix où il mourut. C’était Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu, venu pour nous sauver par ses souffrances et sa mort. Dieu le ressuscita d’entre les morts, puis il monta au ciel. Ce Jésus reviendra ; il prendra d’abord ses rachetés auprès de Lui, puis il établira son royaume sur la terre. Cette merveilleuse histoire se continue jusqu’au moment où le Seigneur Jésus remet le royaume à son Père, après que les morts ont été jugés devant le grand trône blanc. Alors il y a un nouveau ciel et une nouvelle terre où Dieu habite au milieu des bienheureux, et c’est pour l’éternité.
Je désire maintenant retracer une autre histoire ; l’histoire d’une chose bien précieuse au Seigneur Jésus et qui lui sera précieuse à jamais. C’est celle de l’Église ou l’Assemblée, car ces deux mots ont la même signification. L’apôtre Paul dit : « Christ a aimé l’Assemblée et s’est livré lui-même pour elle. Il la nourrit et la chérit » (Éphésiens 5:25, 29). Ces paroles nous montrent bien, n’est-ce pas, de quel prix est l’Église pour le cœur de Christ ? Lui-même la compare à une perle de très grand prix, et il nous dit que, pour l’acquérir, il a vendu tout ce qu’il avait, c’est-à-dire qu’il a renoncé à tout, même à sa propre vie (Matthieu 13:45-46).
Avant tout, nous avons à résoudre la question : Qu’est-ce que l’Église ? On nomme églises des édifices dans lesquels on se rassemble pour un service religieux. Mais nous ne trouvons pas ce nom ainsi appliqué dans la parole de Dieu. On appelle encore églises des ensembles de personnes qui ont les mêmes idées religieuses, les mêmes formes de culte et sont régies, dans ce but, par les mêmes règles ; ainsi on dit l’Église anglicane, l’Église baptiste, etc., mais l’Écriture ne parle de rien de semblable. Comme je le disais plus haut, le mot Église signifie Assemblée, et, dans la bouche du Seigneur comme dans les écrits des apôtres, cette expression désigne ou bien l’ensemble de tous les vrais croyants en tous lieux à un moment donné sur la terre ; ou bien l’ensemble de tous les saints ressuscités ou transmués et glorifiés, depuis la Pentecôte jusqu’au retour de Christ, c’est alors l’Assemblée complète ; ou bien encore l’ensemble des chrétiens qui se réunissaient dans une localité. Par exemple, quand l’apôtre Paul écrit à l’Église ou l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe, il s’adresse à tous les chrétiens de Corinthe ; lorsqu’il recommande de saluer l’Église ou l’Assemblée qui se réunit chez Nymphas ou chez Philémon, il parle des chrétiens qui s’assemblaient chez l’un ou l’autre de ces frères pour le culte. Mais quand il dit : « Christ a aimé l’Assemblée », c’est l’Assemblée complète, et lorsqu’il exhorte les anciens à paître « l’Assemblée de Dieu qu’il a acquise par le sang de son propre Fils », il veut dire tous les vrais croyants, lavés de leurs péchés dans le précieux sang de Christ, mais encore sur la terre (*).
(*) Lire les passages : 1 Corinthiens 1:2 ; Actes 20:28 ; Colossiens 4:15 ; Philémon 2 ; Éphésiens 1:22 ; 5:25. Dans ces deux derniers passages, il est question de l’Assemblée complète, dans le ciel.
Vous penserez peut-être qu’Abel, Noé, Abraham, Moïse, David, les prophètes, tous ces saints hommes, faisaient partie de l’Église. Non ; l’Église n’existait pas alors. C’étaient des justes qui croyaient Dieu et allaient leur chemin sur la terre en se confiant en Lui et en ses promesses, mais ils n’étaient pas de l’Église. Dieu a eu sur la terre un peuple qu’il a choisi du milieu des autres nations, qu’il aime toujours et qu’il rétablira dans le pays de la promesse, Israël, mais Israël n’est pas l’Église.
L’Église n’a jamais été nommée avant que le Seigneur en eût parlé quand il dit à Pierre : « Je bâtirai mon assemblée » (Matthieu 16:18). Elle est donc à Lui, mais elle n’était pas commencée. Ce n’est qu’après sa mort sur la croix et son entrée dans la gloire, que l’Église a pris naissance, et ce fut le jour de la Pentecôte, quand selon la promesse de Jésus le Saint Esprit fut descendu du ciel sur les disciples. C’est à l’apôtre Paul que Dieu a donné la révélation de tous les privilèges de l’Église. Auparavant, c’était un « mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éphésiens 3:9 ; Colossiens 1:26). Les saints et les prophètes de l’Ancien Testament ne le connaissaient pas.
L’Église est une assemblée céleste que Dieu voulait avoir pour son Fils bien-aimé. Elle est appelée « l’Assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre Fils ». Elle se compose de ceux qui, ayant cru en Jésus mort, ressuscité et glorifié, sont lavés dans son sang. Ceux-là sont nés de Dieu ; Dieu leur donne son Saint Esprit ; ils sont ainsi unis les uns aux autres et à Christ dans le ciel, ayant tous la même vie que ce précieux Sauveur. Voilà pourquoi l’Église est appelée le « corps de Christ », Lui-même en étant la tête (*). Chaque croyant est un membre de ce corps. Ce lien ne saurait être rompu ; c’est celui d’une vie céleste et impérissable, d’une vie qui est celle de Christ même. La parole de Dieu nous dit que le corps de Christ, ainsi formé par le Saint Esprit, est « un ». Il n’y a qu’un seul corps, comme il n’y a qu’un seul Esprit qui forme et anime le corps, et comme il n’y a aussi qu’une seule espérance pour tous les croyants, celle d’être avec le Seigneur dans le ciel. Alors le corps de Christ aura atteint la perfection.
(*) Éphésiens 1:22-23 ; 4:4, 15-16 ; 1 Corinthiens 12:13 ; Colossiens 1:18 ; Romains 12:4-5.
L’Église est aussi appelée la « maison de Dieu » ; elle est l’habitation de Dieu par le Saint Esprit qui y demeure et y manifeste sa présence. Elle est ainsi un temple saint qui s’élève et qui sera achevé et parfait dans la gloire (*). Dieu n’a pas maintenant d’autre maison, d’autre temple sur la terre où il soit adoré, bien que le corps de chaque croyant, parce que le Saint Esprit y habite, soit aussi appelé un temple (1 Corinthiens 6:19-20).
(*) 1 Timothée 3:15 ; Éphésiens 2:20-22 ; 1 Corinthiens 3:16-17.
Nous avons vu que le Seigneur Jésus est celui qui bâtit cette maison de Dieu, l’Assemblée. Mais toute maison est posée sur un fondement ; quel est celui de l’Église ? Un roc inébranlable : Jésus lui-même. Il est le seul fondement qui puisse être posé (1 Corinthiens 3:11). Quand Simon Pierre, instruit par le Père, eut fait cette belle confession : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », le Seigneur lui dit que sur ce roc, cette vérité que Dieu avait révélée à Pierre, il bâtirait son assemblée (Matthieu 16:16-18). Et que voulaient dire les paroles de Pierre ? C’est qu’en Christ, le Fils du Dieu vivant, était la puissance de la vie, de la vie de Dieu contre laquelle la mort et Satan, qui a le pouvoir de la mort (Hébreux 2:14), ne peuvent absolument rien. Et le Seigneur déclare que la puissance de la mort et de Satan ne pourrait rien contre l’Église établie sur ce roc. Elle est vivante et indestructible comme Celui sur qui elle est fondée. Quelle sécurité pour ceux qui en font partie ! L’apôtre Pierre à qui avaient été adressées les paroles que le Seigneur prononce relativement à l’Église, et qui se rappelle avec tant d’affection tout ce qui était sorti de la bouche du Sauveur qu’il aimait, compare ceux qui croient en Christ et se confient en Lui à des pierres vivantes qui s’approchent du Seigneur et sont posées sur Lui, la maîtresse pierre de l’angle, vivante, élue et précieuse aux yeux de Dieu (1 Pierre 2:4-6). Ils sont unis à Lui par le lien indestructible de la vie de Dieu, et c’est ainsi que s’élève la maison de Dieu.
La parole de Dieu présente aussi l’Église comme « l’Épouse de Christ » (Éphésiens 5:24-27). Dieu avait donné Ève pour aide au premier homme, Adam ; et de même au second homme, Christ, il donne l’Église. Nous lisons dans la Genèse la belle histoire du serviteur d’Abraham qui alla au loin chercher une épouse pour Isaac (Genèse 24). De la même manière, le Saint Esprit vient chercher maintenant sur la terre une épouse pour Christ, et c’est l’Église. Il la forme de tous ceux qui, en croyant au Seigneur Jésus, abandonnent le monde, comme Rebecca sa patrie, pour s’attacher à Christ seul. C’est pour nous montrer combien elle est étroitement unie au Seigneur et combien elle Lui est chère, que l’Église est représentée comme son Épouse, et est appelée la femme de l’Agneau. Il la prépare maintenant pour Lui-même, nous est il dit ; il la sanctifie et la purifie pour se la présenter un jour glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, sainte et irrépréhensible. Et quand sera-ce ? Dans le ciel, quand, avec les transports d’une joie et d’une allégresse sans égales, les noces de l’Agneau seront célébrées (Apocalypse 19:7-9). Quel ravissement ! Heureux ceux qui seront là et y prendront part ! C’est en pensant à ce bonheur que l’Esprit et l’Épouse disent au Seigneur Jésus : « Viens ». Et Lui, qui aime l’Église, répond avec tendresse : « Je viens bientôt ».
Enfin l’Église est aussi représentée comme une « cité céleste » et glorieuse (Apocalypse 21:9-17). Mais elle ne sera telle que dans l’avenir, quand Christ aura établi son royaume. Maintenant, c’est pour l’Église le temps de l’humiliation et de la souffrance avec Christ et pour Christ. Mais alors la gloire de Dieu l’illuminera et fera resplendir sa beauté. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera en elle. Elle sera le siège de l’autorité de Celui qui, autrefois couronné d’épines et crucifié, régnera alors sur l’univers, et elle régnera avec Lui. Ne vaut-il pas la peine de souffrir pour Christ en ayant l’espoir de régner avec Lui ?
Voilà comment la parole de Dieu nous présente l’Église. Elle nous dit aussi qu’elle durera éternellement. Quand les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, auront été établis, l’Église, sur cette nouvelle terre, sera l’habitation de Dieu au milieu des hommes sauvés (Apocalypse 21:1-4). Quelle glorieuse perspective pour les croyants d’être là dans cette éternité bienheureuse !
Mais cette Église aimée de Dieu et destinée à la gloire céleste est sur la terre. Elle doit y être le témoin de Christ pendant que Celui-ci est en haut, y faire briller la lumière céleste de la grâce et de la vérité, y marcher comme son Seigneur y a marché. Nous verrons ensemble son histoire comme la retrace la parole de Dieu, soit dans ce que nous en raconte le livre des Actes, soit dans ce que nous en disent les épîtres de l’Apocalypse. Ensuite, nous poursuivrons cette histoire telle que nous la trouvons dans les faits qui nous sont rapportés dans les documents humains, et nous apprendrons ainsi si elle a répondu à sa glorieuse vocation.
Source : Biblequest