Doit-on pardonner ? Est-ce trop facile de pardonner !?… À quelle condition peut-on pardonner ?
« … Pardonner… ça, jamais ! » Qui n’a pas entendu cela, ou l’a pensé ? On ne reste pas indifférent car s’il est question de pardon, c’est qu’il est d’abord question d’offense, de ce qui blesse, de spoliations, d’abus, etc. Ça laisse des marques parfois béantes. Le judaïsme invite à se souvenir que c’est fondamentalement ce que Dieu fait. Dieu est pardon. Mais Il est aussi justice, nous allons le voir. Les ardoises ne s’effacent pas ‘comme ça’ ! Et c’est juste.
J’aime un des versets de la Bible (qui est toujours concrète) et qui utilise le mot « couvrir » : le cache ne supprime pas l’erreur mais fait qu’on ne regarde pas ou plus à cela, pour se tourner vers autre chose, l’au-delà de la faute, au-delà des culpabilités. C’est pour sortir d’un cercle vicieux.
Pas de pardon sans justice ! Plus exactement, le pardon ne signifie pas que la justice ne compte pas ou plus. Le mal doit être nommé et c’est la première fonction de la justice. L’impunité, la loi du secret (« on n’en parle pas », l’omerta, on ferme les yeux) sont à bannir. Ce n’est pas de la vengeance mais la reconnaissance de fautes. C’est un préalable. Sinon, on ne sait pas ce qui est bien et ce qui est un mal. La différence est très importante.
C’est ensuite que le pardon peut intervenir.
Comment mettre en action le pardon ? S’il y a reconnaissance et repentance (c’est à dire de réels regrets), alors on peut ouvertement pardonner, accorder le pardon à l’offenseur. S’il ne se repent pas, c’est dans notre âme et conscience qu’on le fait. Cela permet de se débarrasser d’un fardeau. Je conseille de lire le petit livre « Le pardon, une puissance qui libère », il est clair et édifiant.
Est-ce trop facile de pardonner !?… pas si sûr. Cela demande une vraie force d’âme. Cela se vit par rapport à Dieu, par rapport aux autres comme par rapport à soi.
La justice comme le pardon permettent de sortir des mauvaises choses comme le sentiment de honte, comme si l’offense ne suffisait pas… le diable n’hésite pas à nous en mettre plusieurs couches, soyons vigilants.
« Tout comme le Seigneur vous a pardonné, vous aussi, faites de même » (Colossiens 3:13). Il s’agit ici du pardon entre croyants, entre chrétiens.
Jésus a enseigné avec la grande parabole sur le pardon, à propos du débiteur impitoyable (Matthieu 18:23-35) : savoir remettre les offenses en se souvenant que Dieu, Lui, a donné le maximum, Son propre Fils sur une croix romaine.
En pratique, il est précieux de pouvoir partager avec un proche ou même un professionnel (psy si nécessaire ; pasteur) afin de mettre de l’ordre là où un désordre s’est installé. Que l’on puisse ainsi avoir maintenant de bonnes personnes sur ce chemin !
On observe que ne pas pardonner, garder de la rancœur rend malade : là aussi, pourquoi en rajouter ?
Pardonner n’est jamais facile, à cause de la souffrance que la faute a provoquée. Mais comment arriver à ne pas donner le dernier mot à la souffrance ? À s’en sortir ? Que les étapes données ci-dessus nous y aident. Je crois que pardonner, ce n’est pas perdre, c’est gagner. Dieu nous soit en aide.
Christian de Tonnac