Le mot grec désigne un berger, c’est-à-dire quelqu’un qui donne nourriture et soins aux brebis du troupeau. Le Seigneur a qualifié et doué des serviteurs pour paître « le troupeau de Dieu » (1 Pierre 5:2) et il les a appelés pour ce service. Le bon Berger désire que ses brebis soient, non seulement délivrées de l’ennemi, mais aussi gardées, conduites et nourries. Le pasteur prend soin du peuple de Dieu ; il veille à ce que les brebis ne s’égarent pas, et il s’emploie à les ramener si elles s’écartent. Il a un cœur compatissant, il apporte la consolation à ceux qui sont dans l’affliction. Il entre dans leurs épreuves et dans leurs problèmes ; il cherche à les ranimer et à les fortifier, donnant conseils, encouragements, répréhensions, en appliquant la Parole selon les besoins de chaque cas. Il veille sur les âmes et les avertit si elles glissent dans l’indifférence ou la mondanité.
Un pasteur ne doit pas seulement avoir la connaissance de la vérité, il doit aussi savoir l’appliquer avec puissance aux besoins quotidiens des individus. Il s’adresse pour cela à la fois au cœur et à la conscience. Il s’intéresse à chaque âme personnellement et se dépense pour son bien. Son service s’accompagne peut-être de souffrance — et la nature recule devant la souffrance — mais c’est là un travail heureux et tellement nécessaire. Il s’entretient seul à seul avec les âmes ; il peut très bien ne pas prendre la parole en public, ni occuper une place de premier plan ; il peut toutefois avoir aussi le don de prédicateur et de docteur, et avoir un service devant un auditoire. Tels sont les traits principaux du don de pasteur.
Il faut peut-être, vu l’emploi aujourd’hui courant du mot « pasteur », faire la différence entre ce qui s’entend par là et le don de pasteur tel que nous l’avons considéré d’après l’Écriture. Il est habituel de nos jours de choisir quelqu’un comme officiant dans tel ou tel groupement chrétien et de l’appeler « le pasteur de l’église ». L’Écriture ignore une telle charge ; « le pasteur officiel » n’existait pas dans l’Église du temps des apôtres. Quelqu’un pouvait avoir reçu le don de pasteur, et l’exercer dans une assemblée locale, mais nous ne trouvons jamais dans la Bible qu’un homme soit appelé « le pasteur » ou « le ministre », ayant la charge d’une assemblée locale. Nous étudierons ce sujet du « ministère d’un seul homme » plus à fond dans le chapitre 3.
Celui que l’Écriture appelle pasteur en Éphésiens 4:11 est quelqu’un qui a reçu de Christ ce don spécial, qui est qualifié par lui pour paître les brebis du troupeau, pour en prendre soin où qu’il les trouve. Il est pasteur en vertu du don reçu et en accomplit le service bien qu’il puisse avoir un emploi séculier pour gagner sa vie, tout en s’occupant du peuple de Dieu dans sa localité ; ou encore il peut consacrer tout son temps au bien des enfants de Dieu, allant de lieu en lieu pour servir « l’Assemblée du Dieu vivant ». Il peut aussi trouver l’essentiel de son service dans un seul endroit. Il agit selon la direction de son Maître et Chef céleste. Il peut y avoir plusieurs frères qualifiés comme pasteurs dans un rassemblement local de l’Assemblée de Dieu, mais aucun ne s’arroge le titre ou la position pour se faire appeler « le pasteur » ou « le ministre », car ce serait alors prendre la place du Saint Esprit et nier son droit souverain à choisir qui il veut comme son porte-parole dans l’assemblée (voir 1 Corinthiens 12:11).
Le fait qu’un « pasteur » soit officiellement établi sur une congrégation entrave la libre action de l’Esprit de Dieu et des dons de Christ. Qu’il y ait beaucoup de vrais serviteurs et des pasteurs authentiques, exerçant leur don sous ce titre officiel, dans l’état de désordre actuel de l’Église, et œuvrant pour le bien des âmes, nous le croyons volontiers. Et nous aimons reconnaître de tels hommes et les honorer, sans pouvoir cependant accepter leur position non scripturaire. Ce dont nous parlons ici, c’est de l’ordre selon Dieu dans son Assemblée et du vrai don de pasteur tel qu’on le trouve dans les Écritures, différent de ce que l’homme a organisé dans la chrétienté d’aujourd’hui. Nous reviendrons de façon plus complète, dans le chapitre suivant, sur ce que l’Écriture enseigne quant au ministère dans une assemblée locale de croyants.
Le don et le service de pasteur sont certainement très importants et nécessaires, et il nous convient de prier que le Seigneur de la moisson suscite et encourage beaucoup de vrais pasteurs pour ses brebis, car, aujourd’hui comme au temps du Seigneur, beaucoup sont « dispersés comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Matthieu 9:36). Que ceux qui ont reçu le don de berger, si faibles soient-ils, soient rendus attentifs à la responsabilité qui est la leur de s’occuper des brebis, et soient stimulés dans ce noble travail d’amour ! Et si nous n’avons pas un tel don, puissions-nous cultiver cette sollicitude qui veille au bien des brebis du Seigneur.
Source : Biblequest