Enseignement

La sensibilité spirituelle

Nous sommes tous plus ou moins sensibles dans différents domaines : l’intelligence, les sentiments, les émotions, les sens physiques, mais dans cette étude il s’agit de la sensibilité spirituelle, celle qui concerne les choses de Dieu, de Christ, du Saint-Esprit.

L’apôtre Paul enseigne que les choses spirituelles ne sont accessibles qu’à ceux dont l’esprit est exercé à leur perception (1 Corinthiens 2:1-15) :

Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.

(1 Corinthiens 2:14-15)

Il est écrit dans l’épître aux Hébreux :

… quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice ; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

(Hébreux 5:13-14)

Il y a une capacité spirituelle à discerner et percevoir les choses de Dieu qui s’acquiert et grandit avec notre croissance spirituelle, lorsque celle-ci se développe dans la communion avec le Seigneur Jésus-Christ, par le Saint-Esprit.

Jésus fait observer que ses contemporains religieux ne l’ont pas reconnu comme le Messie envoyé de Dieu et ne comprenaient pas ses enseignements à cause de leur insensibilité spirituelle :

Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.

(Matthieu 13:15)

Si nous lisons attentivement ces paroles de Jésus, nous remarquons que la sensibilité spirituelle concerne notre façon de voir, d’entendre et de comprendre. Elle se rapporte :

Jésus dit que leur cœur est devenu insensible. Il s’agit de notre cœur, c’est-à-dire :

Lorsque l’apôtre Pierre fit sa première prédication, le jour de la Pentecôte, un grand nombre de ses auditeurs eut le cœur touché par ses paroles.

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ?

(Actes 2:37)

Dieu s’adresse à notre cœur et le dispose à entendre ce qu’il nous inspire :

Saül aussi s’en alla dans sa maison à Guibea. Il fut accompagné par les honnêtes gens, dont Dieu avait touché le cœur.

(1 Samuel 10:26)

Parce que ton cœur a été touché, parce que tu t’es humilié devant l’Éternel en entendant ce que j’ai prononcé contre ce lieu et contre ses habitants, qui seront un objet d’épouvante et de malédiction, et parce que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant moi, moi aussi, j’ai entendu, dit l’Éternel.

(2 Rois 22:19)

Notre cœur est-il sensible, de cette sensibilité spirituelle dont Dieu nous parle ? Ou notre faculté d’entendre les choses de Dieu s’est-elle atrophiée à cause de certaines préoccupations trop charnelles, comme le dit Jésus :

Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste.

(Luc 21:34)

Il y a une espèce de léthargie spirituelle, un sommeil de l’esprit qui nous empêche de percevoir les choses de l’Esprit de Dieu.

L’apôtre Paul écrivait déjà aux chrétiens de Rome :

Cela importe d’autant plus que vous savez en quel temps nous sommes : c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière.

(Romains 13:11-12)

Nous sommes malheureusement trop souvent immergés dans les préoccupations qui envahissent l’esprit des gens de ce monde, qui vivent sans se soucier de plaire à Dieu, et à cause de cela notre esprit s’est épaissi.

Il y a des choses qui rendent notre cœur insensible

La préoccupation excessive des choses de la vie terrestre, les soucis de la vie

Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité.

(Luc 8:14)

Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste.

(Luc 21:34)

La prospérité terrestre

Il l’a fait monter sur les hauteurs du pays, et Israël a mangé les fruits des champs ; il lui a fait sucer le miel du rocher, l’huile qui sort du rocher le plus dur, la crème des vaches et le lait des brebis, avec la graisse des agneaux, des béliers de Basan et des boucs, avec la fleur du froment ; et tu as bu le sang du raisin, le vin. Israël est devenu gras, et il a regimbé ; tu es devenu gras, épais et replet ! Et il a abandonné Dieu, son créateur, il a méprisé le rocher de son salut…

(Deutéronome 32:13-15)

… les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse.

(Marc 4:19)

Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. De peur que, dans l’abondance, je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m’attaque au nom de mon Dieu.

(Proverbes 30:8-9)

L’incrédulité

Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.

(Matthieu 13:15)

L’orgueil

Des orgueilleux imaginent contre moi des faussetés ; moi, je garde de tout mon cœur tes ordonnances. Leur cœur est insensible comme la graisse ; moi, je fais mes délices de ta loi.

(Psaumes 119:69-70)

La paresse spirituelle

La paresse fait tomber dans l’assoupissement…

(Proverbes 19:15)

Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent.

(Matthieu 25:5)

Et surtout la spéculation intellectuelle, lorsque nous croyons que les choses de Dieu s’analysent de la même façon que les choses naturelles.

Si, pour les choses de la nature humaine, il est logique de faire appel au raisonnement de l’esprit humain et à ses capacités de compréhension, pour les choses de Dieu il en va différemment, et pour l’ignorer beaucoup passent à côté des révélations de l’Esprit Saint.

Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.

(1 Corinthiens 2:9-15)

Les choses du royaume de Dieu sont spirituelles et, pour les connaître et les comprendre, nous avons besoin de facultés spirituelles d’écoute et de vision, selon ce qui est encore écrit :

Je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez…

(Éphésiens 1:16-18)

Voici le même texte dans une version plus étendue qui nous fait mieux comprendre en quoi nous devons recevoir de Dieu la sensibilité qui nous permettra de grandir dans une meilleure connaissance et compréhension des choses de Dieu :

Ce que je demande, c’est que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père qui possède toute gloire, vous donne l’esprit de sagesse et de pénétration spirituelle pour que vous puissiez sonder ses mystères afin d’arriver à mieux le connaître. Qu’il vous accorde une pleine lumière et qu’il augmente l’acuité de votre vision spirituelle afin que…

(Éphésiens 1:17-18, version étendue)

L’apôtre Paul écrit que certains sont devenus durs d’entendement, c’est-à-dire que leur intelligence est fermée, obscurcie, incapable de comprendre la parole de Dieu (2 Corinthiens 3:14).

Le prophète dit :

Ils n’ont ni intelligence, ni entendement, car on leur a fermé les yeux pour qu’ils ne voient point, et le cœur pour qu’ils ne comprennent point.

(Ésaïe 44:18)

Voici une autre traduction très explicite :

Ces gens n’ont rien dans la tête, ils ne comprennent rien. Ils ont les yeux collés, ils ne distinguent rien, et leur esprit est trop borné pour qu’ils saisissent quelque chose.

(Ésaïe 44:18)

La version Semeur traduit :

Ils sont sans connaissance, ils ne comprennent rien, et ils n’ont pas d’intelligence. On a bouché leurs yeux afin qu’ils ne voient pas, on a fermé leur cœur afin qu’ils ne saisissent pas.

(Ésaïe 44:18, Version du Semeur)

Ces différents passages nous font bien comprendre que l’insensibilité dont il est question touche nos facultés d’écoute et de vision que le péché et l’incrédulité ont obscurcies.

Mais lorsque nous nous convertissons au Seigneur Jésus-Christ, nos yeux et nos oreilles spirituelles s’ouvrent à nouveau.

Mais lorsque les cœurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté.

(2 Corinthiens 3:16)

Je ne parle pas ici de la sensibilité émotionnelle, qui, lorsqu’elle n’est pas sous le contrôle du Saint-Esprit, peut nous entraîner dans des comportements charnels, mais de la sensibilité de notre esprit à ce que Dieu nous communique par son Esprit.

Il ne faut pas que notre foi soit simplement « raisonnable », c’est-à-dire le fruit d’un savoir intellectuel logique, même s’il est fondé sur les textes de la Bible.

La vie va au-delà de la raison, elle est en nous comme un bouillonnement qui parcourt notre être entier : notre intelligence, nos sentiments et nos émotions.

Il en est de même pour ce qui est des choses de Dieu et surtout de la présence et de l’action du Saint-Esprit en nous. Il touche notre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, c’est-à-dire nos facultés intellectuelles, nos sentiments et nos émotions.

Le Saint-Esprit est une réalité dans la vie de chacun de ceux et celles qui ont cru au Seigneur de tout leur cœur, mais beaucoup se plaignent d’une espèce de froideur spirituelle, c’est comme s’ils étaient coupés de Dieu, ne ressentant jamais ou rarement les manifestations de sa présence en eux.

Le récit suivant nous parle de Jacob, dont l’esprit était endormi, l’homme qui avait lutté avec Dieu et avec des hommes et qui avait été vainqueur, qui avait vu dans sa vie la manifestation de la puissance de Dieu, qui avait reçu de grandes visions pour lui et pour sa descendance. Cet homme était devenu froid, comme mort spirituellement, mais il n’était qu’endormi.

Ils remontèrent de l’Égypte, et ils arrivèrent dans le pays de Canaan, auprès de Jacob, leur père. Ils lui dirent : Joseph vit encore, et même c’est lui qui gouverne tout le pays d’Égypte. Mais le cœur de Jacob resta froid, parce qu’il ne les croyait pas. Ils lui rapportèrent toutes les paroles que Joseph leur avait dites. Il vit les chars que Joseph avait envoyés pour le transporter. C’est alors que l’esprit de Jacob, leur père, se ranima ; et Israël dit : C’est assez ! Joseph, mon fils, vit encore ! J’irai, et je le verrai avant que je meure. Israël partit, avec tout ce qui lui appartenait. Il arriva à Beer-Schéba, et il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. Dieu parla à Israël dans une vision pendant la nuit, et il dit : Jacob ! Jacob ! Israël répondit : Me voici ! Et Dieu dit : Je suis le Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Égypte, car là je te ferai devenir une grande nation. Moi-même je descendrai avec toi en Égypte, et moi-même je t’en ferai remonter ; et Joseph te fermera les yeux.

(Genèse 45:25 – 46:4)

Après que sa sensibilité spirituelle se fut réveillée, Jacob redevint l’homme des visions de Dieu.

Peut-être ressentons-nous cette espèce de fatigue spirituelle, le découragement, le doute, un sommeil qui fait que nous sommes insensibles et inertes.

Mais il faut parfois peu de chose pour que notre esprit se réveille et redevienne sensible aux visions divines. Il suffit que Dieu fasse passer devant nos yeux une nouvelle révélation des chars de sa gloire, de la victoire de son Fils à la croix, pour que notre esprit se ranime et que nous retrouvions une sensibilité nouvelle et rafraîchissante.

Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ; il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix ; il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix.

(Colossiens 2:13-15)

C’est par la persévérance dans la communion avec le Seigneur, par la prière et l’ouïe de sa Parole écrite et prêchée, que nous acquerrons cette sensibilité de l’âme et de l’esprit qui nous permettra d’être paisibles et joyeux dans la foi au Seigneur Jésus-Christ :

Nous serons sensibles à sa présence, à la manifestation de son Esprit, à la communion fraternelle, aux révélations de sa Parole écrite et enfin à la conscience de son proche retour.