« Élever » ne veut pas simplement dire enseigner ou instruire. Cela signifie « conduire selon une ligne particulière ou diriger dans un certain chemin ». Une vigilance continuelle, une attention constante et des soins persistants sont requis pour produire l’effet et le but désirés.
Un enfant peut avoir l’esprit rempli de sentiments religieux, la mémoire bourrée de versets de la Parole et de cantiques, et son cœur n’être néanmoins pas du tout intéressé ni influencé par cette formation intellectuelle. Aussi importante que soit cette instruction, elle n’est qu’une affaire de mémoire. Or, le cœur doit être touché, formé, non pas seulement la tête. En outre, les mères enseignent souvent à leurs enfants ce qu’elles ne pratiquent pas toujours elles-mêmes, et elles ne prennent pas le temps ou la peine de veiller à ce que leurs enfants mettent en pratique les enseignements reçus. Ainsi les cœurs des enfants ne sont pas entraînés dans le chemin de leur enseignement ; ils discernent bientôt ce qui n’est que théories creuses et sont amenés à ne plus respecter leurs parents et leurs enseignements religieux.
Comme nous l’avons vu, « élever » signifie : conduire ou diriger dans une certaine voie. Ainsi les mères ont à conduire et diriger leurs enfants dans le chemin du Seigneur par leur propre exemple de piété et de vie chrétienne conséquente. De cette manière, les cœurs des enfants seront touchés et formés, en même temps que leurs esprits. Mères, si vous désirez élever vraiment vos enfants, vous devez « mettre en pratique » ce que vous leur enseignez et vous devez aussi « leur montrer comment le mettre en pratique ». Quels que soient les soins et les peines que cela vous coûte, il faut qu’on voie qu’ils « font » comme vous les enseignez.
De simples discours n’auront point d’effet ; les paroles ne redresseront pas les tendances de la nature ni ne réprimeront son obstination. De même que le vigneron soigne sa vigne, il vous faut tailler, infléchir, diriger et conduire la jeune pousse de la vie si vous voulez la voir grandir pour Dieu et pour la justice. Beaucoup de mères enseignent bien leurs enfants quant à la théorie, mais par leur négligence et leur indifférence, elles les laissent croître dans la voie exactement opposée. Élever convenablement les enfants peut demander efforts et peines ; il se peut qu’il faille s’arrêter un moment dans ses occupations et administrer la correction nécessaire ou donner l’instruction utile. Mais si la peine n’est pas prise lorsqu’ils sont petits, ils donneront beaucoup plus de mal lorsqu’ils seront grands. Plus d’une mère insensée a, pour s’épargner du travail, laissé ses enfants à eux-mêmes, oubliant que Dieu a dit : « Le jeune garçon abandonné à lui-même fait honte à sa mère » (Proverbes 29:15).
Nous aimerions attirer l’attention sur la belle attitude de Manoah et de sa femme, en Juges 13. Lorsqu’ils apprirent par l’ange de l’Éternel qu’ils auraient un fils qui serait un nazaréen et sauverait Israël, Manoah « supplia l’Éternel, et dit : Ah, Seigneur ! que l’homme de Dieu que tu as envoyé, vienne encore vers nous, je te prie, et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire au jeune garçon qui naîtra… Quelle sera la règle du jeune garçon, et que devra-t-il faire ? » (Juges 13:8 ; 13:12). C’était vraiment très beau et approprié et ce devrait être l’état d’âme et la sérieuse requête de toute mère et de tout père chrétiens. Nous avons souvent besoin de nous adresser au Seigneur pour demander : « Quelle sera la règle du jeune garçon, et que devra-t-il faire ? »
On remarquera que l’Ange ne donne pas d’autre prescription que celle-ci : il sera nazaréen et le rasoir ne passera pas sur sa tête, mais insiste sur ce que la mère devra faire avant même la naissance de l’enfant. Sérieux et précieux enseignement quant à la conduite des parents, qui conditionne celle des enfants. (Trad.)