Enseignement

Les croyants d’entre les nations ne sont pas astreints à observer la loi de Moïse

L’assemblée d’Antioche avait été bien réjouie en apprenant comment Dieu avait été avec Paul et Barnabas et, par leur moyen, avait ouvert aux nations la porte de la foi. La foi est ce qui nous introduit dans la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus, dans la jouissance du salut et dans l’espérance du ciel, quand Jésus viendra nous prendre pour être avec Lui. Voilà pourquoi elle est comparée à une porte. Béni soit Dieu, elle est toujours ouverte, et le Seigneur invite les âmes à y entrer.

L’Église s’accroissait donc ; les âmes étaient sauvées, le nom du Seigneur était glorifié. Alors l’ennemi, voyant les progrès de l’Évangile parmi les nations en dépit des persécutions qu’il avait suscitées contre les apôtres, se tourna d’un autre côté pour entraver l’œuvre de Dieu. Des Juifs de la secte des pharisiens qui avaient cru et étaient entrés dans l’Église chrétienne, y avaient apporté tous leurs préjugés juifs. Ils admettaient bien que les gentils pouvaient être sauvés — Dieu lui-même l’avait montré par la conversion de Corneille — mais ils voulaient imposer le joug de la loi aux convertis d’entre les nations. Étant venus à Antioche, ils enseignaient les frères, leur disant que s’ils n’étaient circoncis et s’ils ne gardaient pas la loi de Moïse, ils ne pouvaient pas être sauvés. Ce n’était pas le Saint Esprit qui les avait envoyés, ce n’était pas l’enseignement de Dieu, et les apôtres à Jérusalem ne leur avaient donné aucun ordre à ce sujet. Ils apportaient à Antioche leurs propres pensées et troublaient ainsi les âmes des fidèles.

De tout temps l’homme a voulu ajouter ses pensées à celles de Dieu qui sont parfaites, et ses œuvres pour le salut à l’œuvre unique et pleinement suffisante de Christ. S’il fallait, pour être sauvé, être circoncis et garder la loi de Moïse, alors l’œuvre du Seigneur Jésus sur la croix n’était pas suffisante : il n’avait pas tout accompli. Si, comme on le dit souvent de nos jours, il faut faire des œuvres pour être assuré du salut, notre foi et notre espérance ne reposent pas sur Christ seul, mais en partie sur nos œuvres et, par conséquent, sur nous-mêmes. Or tel n’est pas l’enseignement de Dieu : Jésus est le seul nom donné aux hommes, par lequel il nous faille être sauvés, et l’apôtre dit :

Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres.

(Éphésiens 2:8)

Ceux qui voulaient imposer le joug de la loi aux frères d’Antioche, se trompaient donc grandement ; ils mettaient en question la perfection, la suffisance et la plénitude de l’œuvre de Christ. Sans s’en douter ils étaient des instruments de Satan qui a toujours cherché à rabaisser ou la Personne ou l’œuvre du Seigneur. Retenons cette précieuse vérité que Jésus, par l’offrande de Lui-même faite une fois pour toutes, sauve pleinement ceux qui croient en Lui.

Paul et Barnabas, qui étaient instruits par l’Esprit Saint et avaient à cœur la gloire du Seigneur Jésus, s’opposèrent à ces doctrines pernicieuses. Mais comme ces docteurs juifs venaient de Judée et prétendaient peut-être s’appuyer sur l’autorité des apôtres qui étaient à Jérusalem, l’assemblée d’Antioche résolut d’envoyer dans cette ville Paul et Barnabas avec quelques autres frères, afin de consulter les apôtres et les anciens sur cette question. Il était nécessaire qu’il y eût dans toute l’Église une même pensée. Les chrétiens de Jérusalem et ceux d’Antioche ne formaient pas deux assemblées indépendantes l’une de l’autre. Tous faisaient partie de l’Assemblée unique de Christ, laquelle est son corps, et comme il n’y a qu’un seul Esprit pour former et animer ce corps, il fallait conserver l’unité de l’Esprit. Nous comprendrons cela toujours mieux, si nous nous attachons à la parole de Dieu, et si nous demandons au Seigneur de nous ouvrir l’intelligence pour saisir ses enseignements. Un des efforts de Satan a été de faire oublier aux chrétiens qu’ils sont un seul corps, et il n’a que trop réussi à les diviser.

Paul, Barnabas et les autres frères, accompagnés de cœur par l’assemblée, se rendirent à Jérusalem. Sur leur chemin, dans toutes les assemblées de la Phénicie et de la Samarie, ils racontèrent la grâce merveilleuse de Dieu manifestée dans la conversion des nations. Les frères en éprouvèrent une grande joie. L’amour de Dieu, répandu dans leurs cœurs, les élargissait : ils comprenaient que c’était la gloire de Christ que les Juifs ne fussent pas seuls sauvés, mais que tous, nations et Juifs, eussent part aux bénédictions célestes que Jésus a acquises par sa mort.

Arrivés à Jérusalem, les envoyés d’Antioche furent reçus par l’assemblée, les apôtres et les anciens, et leur exposèrent ce qui s’était passé à Antioche. Une grande discussion s’éleva d’abord. Sans doute que les uns, moins éclairés, pensaient-ils que les docteurs pharisiens avaient raison, tandis que les autres, avec Paul et Barnabas, estimaient que Christ, par sa venue, sa mort et sa résurrection, avait mis de côté la loi ; qu’ainsi tout était remplacé par sa Personne et par son œuvre.

Mais le Saint Esprit, selon la promesse du Seigneur, était au milieu de l’assemblée pour la guider dans la vérité. Pierre, qui avait ouvert le royaume des cieux aux nations à Césarée, se leva et rappela que Dieu l’avait choisi directement pour cela, sans lui commander de leur imposer le joug de la loi. Les Juifs eux-mêmes, ni leurs pères, n’avaient pu le porter ; ils avaient toujours enfreint la loi et avaient besoin, tout comme les nations, pour être sauvés, de la grâce du Seigneur Jésus Christ. Il rappela aussi que, sans circoncision ni loi, le Saint Esprit était descendu pour habiter dans les croyants, dont le cœur avait été purifié par la foi. La loi n’était donc pas nécessaire pour le salut.

Quand Pierre eut cessé de parler, Paul et Barnabas pour appuyer ses paroles, se mirent à raconter ce que Dieu avait fait par leur moyen parmi les nations. Ils n’avaient pas prêché la loi, mais Christ, et les âmes avaient été sauvées. Jacques alors, une des colonnes de l’assemblée de Jérusalem, montra que les paroles des anciens prophètes s’accordaient avec ce qui venait d’être dit, que Dieu a toujours eu dans sa pensée d’étendre le salut à toutes les nations, et qu’il l’avait accomplie en envoyant Christ, le vrai fils de David. Son avis était donc de ne pas obliger les convertis d’entre les nations à se soumettre à la loi de Moïse, mais de leur rappeler de s’abstenir de manger des choses offertes aux idoles, parce que ç’aurait été participer à l’idolâtrie, de fuir les péchés d’impureté si communs parmi les nations païennes, et, enfin, de ne manger, ni des bêtes qu’on aurait étouffées pour les tuer et dont ainsi tout le sang était en elles, ni du sang lui-même. C’était une chose que Dieu avait défendue, non seulement dans la loi, mais aussitôt après le déluge (Genèse 9:4). Dieu nous en donne la raison dans ces paroles :

Car l’âme (ou la vie) de la chair est dans le sang ; et moi je vous l’ai donné sur l’autel, pour faire propitiation pour vos âmes.

(Lévitique 17:10-12)

Et nous savons que nous sommes rachetés par le précieux sang de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache.

Les apôtres, les anciens et toute l’assemblée, acceptèrent les paroles de Pierre et de Jacques. Ils choisirent deux des principaux frères de l’assemblée de Jérusalem, Judas, surnommé Barsabbas, et Silas, et les envoyèrent à Antioche avec Paul et Barnabas porter à l’assemblée une lettre qui répond bien à ce qui avait risqué de troubler l’assemblée d’Antioche et toutes les assemblées parmi les nations. La voici :

Les apôtres et les anciens et les frères, aux frères d’entre les nations qui sont à Antioche et en Syrie et en Cilicie (partout où Paul et Barnabas avaient prêché) : Salut ! Comme nous avons entendu dire que quelques-uns qui sont sortis d’entre nous, vous ont troublés par des discours, bouleversant vos âmes, disant qu’il faut être circoncis et garder la loi (auxquels nous n’avons donné aucun ordre), il nous a semblé bon, étant tous d’accord, de choisir parmi nous des hommes et de les envoyer vers vous avec nos bien-aimés Barnabas et Paul, hommes qui ont exposé leurs vies pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous avons donc envoyé Judas et Silas, qui vous annonceront de bouche les mêmes choses. Car il a semblé bon au Saint Esprit et à nous de ne mettre sur vous aucun autre fardeau que ces choses-ci qui sont nécessaires : qu’on s’abstienne des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez de ces choses, vous ferez bien. Portez-vous bien.

Nous voyons par cette lettre que les chrétiens de Jérusalem, et avec eux tous les chrétiens d’entre les Juifs, reconnaissaient comme frères, comme enfants de Dieu au même titre qu’eux, les chrétiens d’entre les nations. Il n’y avait à cet égard ni Juifs, ni gentils, mais une seule famille. Tous étaient d’accord pour cela. Les apôtres, les anciens et les frères de Jérusalem, reconnaissaient Barnabas et Paul comme de vrais serviteurs de Christ dans l’œuvre de l’Évangile, et les entouraient de leur amour ; et enfin, les gentils convertis n’étaient en aucune manière tenus d’observer la loi de Moïse. Christ était suffisant pour eux, comme pour les Juifs ; Christ, l’espérance de la gloire. Et remarquons que c’était guidés par le Saint Esprit que les chrétiens de l’assemblée de Jérusalem proclamaient cette précieuse vérité qui affranchissait du joug de la loi. Comprenons bien cependant que si l’on est affranchi de la loi, c’est pour être tout à Christ qui est notre vie — une vie sainte et pure.

Les ruses de Satan pour jeter le trouble et la désunion dans l’Assemblée furent ainsi déjouées. Il en sera toujours de même, si l’on s’attend à Dieu et si on se laisse guider par sa Parole et son Esprit.

Paul, Barnabas, Silas et Judas, apportèrent à Antioche la lettre de Jérusalem ; elle fut lue à l’assemblée ; les dissensions furent apaisées, les cœurs furent consolés, le trouble cessa, et Judas et Silas, qui étaient aussi prophètes, fortifièrent les frères par leurs exhortations. Le lien qui unissait tous les chrétiens, Juifs ou gentils, de toutes les assemblées, fut ainsi affirmé et resserré, selon ce qui est écrit : En Christ « il n’y a pas Grec et Juif… Christ est tout et en tous » (Colossiens 3:11). Tous les chrétiens sont « baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Corinthiens 12:13). De l’effort de Satan pour faire du mal à l’Assemblée, Dieu tira une bénédiction précieuse.

Silas et Judas, après avoir séjourné quelque temps à Antioche, furent renvoyés en paix vers ceux qui les avaient envoyés. Mais il semble que le premier resta à Antioche, car nous le retrouvons bientôt après comme compagnon de Paul.