L’ennemi, Satan, avait attaqué l’Église par la violence en incitant les chefs du peuple contre les apôtres ; il cherche maintenant à y introduire le mal par le mensonge. Satan est menteur et meurtrier dès le commencement.
Nous avons vu le dévouement et l’amour des premiers chrétiens, qui, pour soulager leurs frères pauvres, vendaient leurs biens. Le nom de l’un d’eux nous a été conservé dans le livre de Dieu, c’est Barnabas. Mais l’Écriture mentionne aussi le nom de plusieurs hommes et femmes qui, par leurs péchés, ont attiré sur eux le jugement de Dieu. Car Dieu nous connaît tous, nom par nom ; il sonde les cœurs et les reins, et rend à chacun selon ses œuvres : nous le voyons dans l’histoire de l’Assemblée.
Un certain homme, nommé Ananias et Sapphira sa femme, étaient entrés dans l’Assemblée chrétienne. Ils avaient peut-être été entraînés dans ce grand mouvement de réveil qui avait lieu, et frappés par les effets merveilleux de la grâce du Seigneur, sans que leur conscience et leur cœur eussent été touchés. Rien ne les obligeait à vendre leurs biens, mais ils voulurent se donner les apparences d’être aussi bons, aussi dévoués et aussi généreux que les autres, et Ananias apporta de l’argent aux apôtres, comme si c’était le prix entier de la vente. Mais il en gardait une partie de concert avec sa femme. Ils faisaient sans doute cela dans la crainte de devenir pauvres, en donnant tout. Dans tous les cas, il y avait dans leur cœur et dans leurs actes, avarice, hypocrisie et mensonge.
Mais Ananias et Sapphira, qui pouvaient tromper les hommes par une belle apparence, avaient oublié une chose. C’était la présence de Dieu dans l’Assemblée, qui est l’habitation de Dieu par le Saint Esprit. Or, on ne peut tromper Dieu. L’Esprit de Dieu n’était pas présent seulement pour opérer des miracles et pour convertir les âmes, ni pour produire une vie sainte dans les fidèles, mais aussi pour découvrir le mal et le juger dans ceux qui professaient être chrétiens. Il était nécessaire que l’on vît que le Dieu saint était présent dans l’Assemblée, et que tromper les apôtres, c’était mentir au Saint Esprit et par conséquent à Dieu lui-même.
L’apôtre Pierre discerne par le Saint Esprit le mensonge et l’hypocrisie d’Ananias ; il les dévoile et montre ce qui avait entraîné ce malheureux homme à commettre ce grand péché. C’était Satan, le père du mensonge. « Pourquoi », dit Pierre, « Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu aies menti à l’Esprit Saint… ? ». Quelle terrible révélation pour Ananias ! Son péché est mis à nu devant tous, comme autrefois celui d’Acan (Josué 7). La puissance de Dieu saisit le cœur d’Ananias, le jugement de Dieu le frappe, il tombe mort. Ah ! notre Dieu, le Dieu de grâce, est aussi le Dieu saint et un feu consumant. Trois heures après, Sapphira, ignorant le jugement de Dieu sur son mari, se présente à son tour dans l’assemblée. À la question directe de Pierre : « Avez-vous donné le champ pour tant ? » elle répond sans hésiter : « Oui », proférant ainsi délibérément un mensonge évident. Quel oubli ou quel mépris de la sainteté et de la présence de Dieu ! Nous voyons aussi là comment un péché en entraîne un autre plus grave. Mais le jugement ne se fait pas attendre. Pierre prononce la sentence et elle tombe morte à son tour !
Ainsi la présence du Dieu saint dans l’Assemblée était rendue manifeste. Le mal y était découvert et jugé, comme autrefois dans le camp d’Israël. Aussi une grande crainte s’empara de toute l’Assemblée et de tous ceux qui entendaient parler de ces choses.
L’Esprit Saint, comme nous l’avons vu, agissait avec une puissance de grâce dans les cœurs des fidèles et y produisait le dévouement, l’absence d’égoïsme et le renoncement. Ananias et Sapphira, avec hypocrisie et mensonge, avaient voulu faire croire qu’ils étaient animés de ces sentiments, alors que l’amour de l’argent les possédait. Dieu avait jugé ce mal et l’avait ôté de l’Assemblée. Mais Satan est toujours actif contre Christ et ce qui est cher à Christ. Il avait poussé Ananias et sa femme à mentir et les avait ainsi entraînés dans la mort. Cet effort de Satan contre l’Assemblée avait été détourné par la puissance de Dieu. On voyait que Dieu était au milieu des chrétiens, et l’Assemblée augmentait toujours en nombre. Alors l’ennemi, pour la troubler et la ruiner, s’il le pouvait, essaya d’un autre moyen. Il chercha à agir sur la mauvaise nature qui est en nous, et à faire naître dans les cœurs des fidèles des sentiments contraires à la grâce, la jalousie et l’envie, par exemple ; des plaintes et des murmures. Oh ! combien nous avons besoin d’être en garde contre les ruses de ce redoutable ennemi, de veiller et prier, car s’il trouve la moindre ouverture, il s’empresse d’en profiter.
La multitude des disciples se composait de Juifs hébreux, nés en Palestine et parlant la langue syriaque, et de Juifs hellénistes, c’est-à-dire des Juifs venus de pays étrangers et qui parlaient grec pour la plupart. Ces derniers se plaignirent de ce que les veuves qui se trouvaient parmi eux, étaient négligées dans les secours qui étaient distribués chaque jour ; et ils murmuraient contre les Juifs hébreux et sans doute contre les apôtres eux-mêmes. Quelle triste chose quand la jalousie s’empare du cœur ! Se plaindre de ses frères, murmurer contre eux, les accuser, n’est certes pas à l’honneur du nom de Jésus. Ce n’étaient pas des sentiments conformes aux siens, ce n’était pas la douceur qui n’insiste pas sur ses droits ; c’était un sentiment propre à notre nature pécheresse que la Parole appelle « la chair » — un sentiment charnel. Quel remède apporter à ce mal qui menaçait d’introduire des dissensions dans l’Assemblée, et d’en détruire cette belle harmonie ?
La sagesse de Dieu était là, aussi bien que sa puissance, pour déjouer les ruses de l’ennemi. Les apôtres ne pouvaient pas laisser le service de Dieu dans la prédication de l’Évangile, pour s’occuper des besoins matériels de ceux qui avaient cru. Ils avaient besoin de leur temps pour se livrer à la prière et au service de la Parole, ces deux choses intimement unies dans la vie de tout serviteur de Dieu, pour que son action soit bénie envers les âmes. L’Assemblée, sur le conseil des apôtres, choisit donc sept hommes remplis de l’Esprit Saint et de sagesse, pour veiller à la distribution des secours aux nécessiteux. Ces hommes furent présentés aux apôtres qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains, les recommandant ainsi à Dieu et s’unissant à eux pour l’œuvre qu’ils auraient à accomplir. Nous voyons quelle place la prière occupait dans la vie des apôtres et des premiers chrétiens, comme aussi dans celle de notre adorable Sauveur. Puisse-t-elle occuper aussi une grande place dans notre vie !
L’Esprit Saint nous a conservé les noms de ces sept hommes, que l’on nomme souvent les « diacres », d’un mot grec qui signifie serviteur. Ces noms, qui sont grecs, nous apprennent qu’ils étaient tous des Hellénistes, ce qui montre l’esprit de grâce et de condescendance qui était dans l’Assemblée ; c’était aussi un fruit produit par l’Esprit Saint ; la ruse et l’effort de Satan étaient mis de nouveau à néant. Il allait bientôt montrer sa rage et livrer de nouveaux combats contre Christ et l’Assemblée. Mais n’oublions jamais qu’en regardant à Christ, nous sommes toujours plus que vainqueurs. Sa puissance, sa sagesse et son amour déjouent et annulent tous les efforts de l’ennemi.