Dans l’état normal des choses, la plus grande partie de la vie d’un enfant, des années où il est le plus sensible, est passée dans la compagnie de sa mère, puisque le travail du père, en tant que soutien de sa famille, l’entraîne hors de son foyer plusieurs heures par jour. Aussi la tâche de l’éducation des enfants et leur formation dans la piété, dépendent surtout de la mère, bien que le père soit responsable de sa maison, comme nous l’avons déjà vu. La mère ne devrait-elle pas se consacrer entièrement à cette tâche que Dieu lui a confiée ? Si les nombreux travaux domestiques réclament son attention et son temps, il faut qu’à tout prix les enfants aient la première place. Ne permettez à quoi que ce soit de vous faire négliger ces précieuses âmes que Dieu Lui-même vous a, d’une manière si évidente, confiées afin que vous les formiez pour Lui.
C’est une erreur fatale pour une mère de délaisser la tâche que Dieu lui a confiée, ou de la remettre à autrui, afin de sortir pour ce qu’elle considère comme un service, ou encore moins pour son plaisir, comme c’est la coutume dans ces jours où l’on veut jouir de la vie. La sphère de travail de la mère est à la maison avec sa famille. Les bases du caractère de l’enfant sont posées à la maison, et la main d’une mère est l’instrument que Dieu se plaît à employer à cet effet. Des tiers peuvent être engagés pour accomplir d’autres tâches, mais nul ne peut remplacer la mère auprès des enfants. Dieu lui a donné cette tâche à elle et non à d’autres. Nous parlons du cours normal des choses ; des circonstances exceptionnelles, telles que la mort du père et soutien de la famille, peuvent changer la situation.
Ma tâche à la maison est auprès des branches d’olivier que tu as plantées là, les élever avec douceur pour le jardin céleste réclame tous mes soins.
Je ne vais pas dans les bois ni sur les montagnes chercher la brebis perdue ; à la maison un petit troupeau de tendres agneaux a besoin de ma surveillance.
Tu donnes à chacun de tes serviteurs sa tâche. Aucune trompette retentissante n’ira proclamer bruyamment au monde comment la mienne a été accomplie.
Mais ce sera beaucoup si, lorsque par grâce la tâche pour Toi sera achevée je peux te rendre intacts les joyaux précieux que tu m’as confiés.
Les enseignements que les enfants reçoivent de leur mère dans leurs jeunes années ont une immense influence sur toute leur vie. Une bonne éducation chrétienne est vitale et imprimera sa marque sur les enfants pour leur bien toute leur vie ; elle laissera sur leurs esprits et sur les cœurs jeunes et réceptifs une impression qui ne pourra être effacée, quelques péchés qu’ils puissent commettre dans la suite de leur existence. La parole de Dieu déclare : « Élève le jeune garçon selon la règle de sa voie ; même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera point » (Proverbes 22:6).
Quelle est l’origine de la grande décision prise par Moïse lorsqu’il fut devenu grand, de refuser d’être appelé fils de la fille du Pharaon, choisissant plutôt d’être identifié au peuple de Dieu et d’être dans l’affliction avec lui ? N’était-elle pas due, humainement parlant, à la formation et à l’instruction pieuse dans les vérités et les promesses de Dieu, qu’il avait reçues de sa mère pendant qu’elle l’allaitait pour la fille du Pharaon ? De même, en Proverbes 31, nous voyons que l’oracle enseigné au roi Lemuel par sa mère, resta en lui et qu’il l’écrivit lui-même ensuite, par inspiration, pour prendre place dans les Saintes Écritures.
Avant de poursuivre ce sujet, il peut être bon de dire qu’il est indispensable que le père et la mère aient une même pensée et une même manière d’agir, dans l’éducation de leurs enfants. C’est absolument nécessaire. Rien ne peut être plus désastreux qu’une mère agissant vis-à-vis d’un enfant dans la voie opposée à celle que suit le père, ou vice versa. Toute divergence de principe ou d’action devrait être discutée par les parents entre eux seuls, dans la présence du Seigneur, et jamais devant les enfants. À leur égard, il devrait y avoir unité d’action, chacun soutenant la discipline exercée par l’autre.