Enseignement

Le livre de l’apocalypse (2a) - Sondez les Écritures

Chapitre 2 — Le tableau général de l’Assemblée sur la terre

Les chapitres 2 et 3 décrivent « les choses qui sont », relatives à l’époque actuelle, celle de la grâce. Le message est d’une importance fondamentale pour chacun de nous, pour chaque église locale et pour l’Église entière.

La triple portée du message

Les lettres aux sept assemblées peuvent être considérées de trois points de vue différents :

Tableau de l’histoire prophétique de l’Église

Les quatre premiers messages (ch. 2) décrivent l’histoire morale de l’Église de Christ sur la terre, l’Église primitive fortifiée par le service des apôtres (Actes 15:41), depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur. Les caractères de ces quatre églises qui se succèdent dans ce chapitre décrivent prophétiquement cette histoire. À Thyatire, la dernière, le retour du Seigneur est présenté pour la première fois.

Les trois derniers messages (ch. 3) racontent l’histoire particulière du protestantisme, après le réveil de la Réforme jusqu’au retour de Christ. C’est un sujet parallèle. Apparaissant sur la scène à des dates successives, ces trois assemblées subsistent (avec Thyatire) jusqu’à la fin.

Ces indications très générales n’empêchent pas que l’état de chacune des sept églises mentionnées dans ces chapitres n’ait trouvé son prolongement ou son développement local tout au long de l’histoire de la chrétienté.

Le fil d’argent de la grâce et du témoignage

Tout au long de cette longue histoire, Dieu « n’a pas manqué, pourtant, de rendre témoignage de ce qu’il est par ses bienfaits » (Actes 14:17). En voici le fil d’argent pendant vingt siècles :

Le déclin des affections pour Christ. L’église et le monde

Au début de la vie de l’assemblée sur la terre, « la multitude de ceux qui avaient cru était un coeur et une âme » (Actes 4:32). Les affections pour Christ s’exprimaient dans toute leur fraîcheur. D’une façon parallèle, le prophète Jérémie parle de cet heureux état à propos d’Israël : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles » (Jérémie 2:2). Cet état a été malheureusement très fugitif ; un peu plus loin, le peuple est accusé d’avoir abandonné « la source des eaux vives » (Jérémie 2:13). L’Église n’a pas fait mieux qu’Israël :

« Personne ne peut servir deux maîtres » (Matthieu 6:24). On ne peut pas aimer Christ et le monde en même temps. Aussi, le peu d’amour pour Christ explique-t-il le retour progressif de l’Église dans le monde d’où elle avait été appelée à sortir.

Application morale

Un principe de toute importance se dégage de l’enseignement de ces lettres.

Les assemblées ont été établies initialement selon la pensée de Dieu : les lampes sont d’or, en rapport avec la justice divine. Si ces assemblées ne persévèrent pas dans le témoignage qu’elles ont à rendre, elles ne manifestent plus leur caractère de refuge pour la vérité (1 Timothée 3:15) au milieu d’un monde de mensonge. Aussi, seront-elles mises de côté : la lampe est ôtée par le Seigneur. Dieu renvoie alors les croyants à sa propre Parole immuable qui s’adresse à eux individuellement. Chacun est appelé à écouter ce que dit l’Esprit. Parallèlement, la promesse au vainqueur est aussi individuelle (« à celui qui vaincra »), quelle que soit sa portée.

Lorsque toutes les ressources sont épuisées, le Seigneur ôte la lampe de son lieu. Autrefois la gloire de l’Éternel avait quitté le temple, comme à regret, s’élevant d’entre les chérubins, se tenant sur le seuil de la maison, à l’entrée de la porte orientale, et montant enfin de la montagne qui est à l’orient de la ville (Ézéchiel 9:3 ; 10:18, 19 ; 11:23). Ainsi, la lampe à Éphèse a été effectivement ôtée. L’assemblée à Éphèse avait été le fruit du travail de l’apôtre Paul qui lui avait communiqué les révélations de l’Église vue dans les pensées éternelles de Dieu. Au temps de l’apôtre Jean, elle était devenue le témoin de son propre déclin, avant d’être l’objet du jugement du Seigneur.

Éphèse

La première lettre est adressée à Éphèse qui est, aux yeux de Dieu, une assemblée locale ayant porté les caractères de l’assemblée telle qu’Il l’a formée au commencement.

L’assemblée à Éphèse

Le nom « Éphèse » signifie « plénitude des desseins (divins) ». Aucune assemblée nommée dans le Nouveau Testament n’a reçu autant de révélations sur ces desseins merveilleux, grâce au service de l’apôtre Paul. Pourtant, environ trente ans plus tard seulement, la racine du déclin apparaît déjà dans l’assemblée par l’abandon du premier amour.

Le caractère de Christ

Il « tient les sept étoiles dans sa main droite » et « marche au milieu des sept lampes d’or ». Le sens des symboles a été révélé (Apocalypse 1:20) : les étoiles sont les anges (ou messagers) des assemblées et les lampes sont les assemblées elles-mêmes. À Éphèse, Christ se présente dans le caractère général sous lequel Il était déjà apparu comme Fils de l’homme à l’assemblée dans son ensemble (Apocalypse 1:13, 16).

La fonction des étoiles est de donner une direction. Les anges sont des messagers ; ainsi était communiquée à l’assemblée sur la terre la pensée ou la lumière de Dieu.

Le bien produit par la grâce

Le message commence par cette parole de Christ, à la fois si pénétrante et si encourageante : « Je connais ». Elle sera répétée six fois (à toutes les assemblées sauf à Pergame, à qui il est dit : « Je sais ») pour souligner le bien dans l’assemblée ou l’avertir des dangers qui la guettent. Comme Pierre, sondé au plus profond de lui-même par la parole de Jésus, nous pouvons lui dire : « Seigneur, toi tu sais tout » (Jean 21:17).

À Éphèse, le Seigneur parle de trois fruits de sa grâce :

Un croyant fidèle est conduit à haïr ce que Dieu hait. Mais pour pouvoir s’occuper du mal, pour le juger, il faut être occupé du bien, s’en nourrir dans la communion avec le Seigneur individuellement et dans l’assemblée.

Derrière le danger des Nicolaïtes, se cache peut-être aussi l’introduction du clergé (et du principe clérical) qui est apparu très tôt dans l’église, dès la fin du premier siècle.

Les dangers et le blâme (v. 4)

L’assemblée à Éphèse rejetait bien les prétentions des faux docteurs et supportait avec patience des afflictions pour le nom du Seigneur, mais le premier amour pour Lui était abandonné. Le mot utilisé ici pour le « premier » amour est traduit dans la parabole du fils prodigue par la « plus belle » robe (Luc 15:22). Ainsi, Christ désire nos affections les plus élevées, les plus profondes et les plus pures ; en fait, Il veut que nous Lui donnions notre coeur (Proverbes 23:26). Rien d’autre ne peut satisfaire Celui qui a tout donné pour nous acquérir pour Lui, Celui qui nous aime de l’amour même dont le Père l’a aimé de toute éternité (Jean 15:9 ; 17:26).

L’appel à la repentance et l’annonce du jugement

Le déclin intérieur dans les affections pour Christ marque ainsi déjà toute l’histoire de l’assemblée sur la terre. Le Seigneur met le doigt sur les défaillances de l’assemblée, en ne négligeant jamais le bien qui est manifesté en elle, et en lui rappelant son amour pour elle. En conséquence, l’assemblée, vue dans sa responsabilité sur la terre, est soumise au jugement de Christ ; elle sera mise de côté si elle ne persévère pas dans l’énergie spirituelle de son premier amour.

Avant d’exercer le jugement, le Seigneur appelle toutefois à se repentir et à se souvenir de l’état antérieur d’où l’assemblée est déchue. L’invitation : « repens-toi » est adressée 5 fois (pour toutes les assemblées sauf Smyrne et Philadelphie). Un chemin pour le relèvement est donc toujours ouvert pour la foi ; il passe par une vraie repentance devant le Seigneur.

La promesse au vainqueur

Celle-ci est toujours adressée à une personne dans l’assemblée. Dans le cas d’Éphèse, elle est très générale et en contraste complet avec la ruine amenée par la désobéissance d’Adam.

Dans la première création, le jardin planté par l’Éternel Dieu en Éden possédait deux arbres : l’arbre de vie et celui de la connaissance du bien et du mal. Dans la seconde création, dont Christ est le commencement, c’est-à-dire le fondement (Apocalypse 3:14), un seul arbre subsiste, celui de la vie (Apocalypse 22:2). L’arbre de la connaissance du bien et du mal n’y a plus sa place, car la mort de Christ a répondu pleinement à la responsabilité de l’homme devant Dieu. L’arbre de vie est dans le paradis de Dieu (v. 7). Le « paradis », lieu de délices, n’est mentionné que deux autres fois dans le Nouveau Testament : une place y est promise par le Sauveur au brigand repentant (Luc 23:43) ; Paul y a été ravi pour entendre des paroles ineffables (2 Corinthiens 12:4) — le paradis est identifié avec le « troisième ciel » (2 Corinthiens 12:2).

Quel bonheur de manger de cet arbre de vie ! Et ce bonheur est conféré à ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau (Apocalypse 22:14). Ils ont ainsi « revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité » (Éphésiens 4:24), part bien meilleure que celle qu’Adam a perdue par la chute.

Le fruit de l’arbre de vie est la dernière nourriture spirituelle accordée au croyant. Elle est encore à venir pour lui. La promesse s’accomplira pour celui qui vaincra.

D’après « Sondez les Écritures » (vol. 15)