Enseignement

Un Dieu unique

On dira peut-être que les hommes, autrefois, frappés à la vue des forces qui se développent dans la nature, émus à la contemplation des astres, en ont fait des divinités, et que plus tard, les idées s’épurant, on en est venu à la conception d’un Dieu unique. C’est le contraire qui est vrai. L’idée d’un Dieu unique, créateur et gouverneur de toutes choses, est une idée primordiale ; l’idolâtrie a surgi plus tard. Les hommes ont perdu l’idée d’un Dieu unique ou n’en ont gardé qu’une conception obscure. Les divinités, fruit de leur imagination, légitimaient par leur exemple les passions et les convoitises impures du cœur humain.

Que l’on prenne la Bible, sans contredit le plus ancien livre qui existe, du moins dans sa plus grande partie ; sans entrer dans la question de son inspiration, considérons-la simplement comme un document de la plus haute antiquité. Elle débute ainsi : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » ; puis tous les chapitres de la Genèse, comme aussi les livres suivants, nous montrent un Dieu unique, créateur tout-puissant. Le livre ne démontre pas son existence, il le fait voir agissant et connu de ceux à qui il s’adresse. L’idée de Dieu existait donc alors, et non par suite d’un développement. L’idolâtrie, la multiplicité des dieux, est venue après ; loin d’être à l’origine, elle est une dégénérescence de l’idée primitive de Dieu.

D’où vient donc cette idée d’un Dieu unique ? C’est qu’elle est au fond de chacun de nous : Dieu, pour ainsi dire, s’affirme en nous ; il a mis son empreinte sur son ouvrage. « Qu’est-il, pour ceux qui croient en lui, ce Dieu que vous niez ? » dirons-nous aux incrédules. Il ne saurait être qu’infini, éternel, tout-puissant, présent partout et connaissant tout. Et la créature bornée que nous sommes, ne pourrait avoir même l’idée d’un tel Être, s’il n’existe pas. Tout ce qui nous entoure et qui existe a ses limites, et cependant je conçois un Être infini de toutes manières. Ce ne peut être que lui-même qui se présente à moi dans sa grandeur suprême. Le fait même que l’athée veut en bannir l’idée de son esprit et de celui des autres, prouve que Dieu existe. S’il n’est pas, pourquoi se battre contre le néant ?

Mais Dieu est ; seulement il vous déplaît d’avoir au-dessus de vous quelqu’un qui vous connaît, qui vous contrôle et dont après tout vous dépendez, et c’est pourquoi vous voudriez l’anéantir.

Vous dites dans votre cœur : « il n’y a point de Dieu », mais, malgré tout, l’idée de Dieu ne vous quitte pas, parce qu’il est.